Dans le cadre du budget 2027, plusieurs mesures pourraient impacter les millions de retraités français. À quelques mois de son entrée en vigueur, le gouvernement travaille sur plusieurs pistes touchant notamment les pensions et la fiscalité. Pour les personnes concernées, le pouvoir d’achat pourrait prendre un coup.
Comme chaque année, la revalorisation des retraites de base est au centre des interrogations. L’Insee rappelle que les pensions de base sont indexées sur l’inflation depuis 1987 dans le privé et depuis 2003 dans la fonction publique. Pour 2027, une sous-indexation fait partie des options évoquées par l’Exécutif. Les pensions pourraient alors progresser moins vite que les prix. Un retraité toucherait donc plus d’euros qu’en 2026, mais cette hausse ne compenserait pas entièrement celle du coût de la vie.
Un gel ciblé de certaines pensions a aussi été évoqué, celui-ci ne toucherait pas les pensions considérées comme faibles. Aucun seuil officiel distinguant une petite pension d’une pension élevée n’a encore été annoncé. Sans changement des règles, la progression des dépenses de retraite en 2027 est estimée dans les scénarios évoqués à environ 12 milliards d’euros.
L’abattement fiscal de 10 % au centre des débats ?
Le deuxième dossier brûlant concerne l’abattement de 10 % sur les pensions et rentes soumis à l’impôt sur le revenu. Selon les règles actuellement en vigueur en France, cet abattement ne peut pas être inférieur à 454 euros par retraité et son plafond atteint 4 439 euros par foyer fiscal. Le remplacement de ce système par un forfait avait déjà été mise sur la table dans le cadre du budget 2026, une hypothèse à 2 000 euros avait notamment circulé avant d’être abandonnée.
Si cette formule revenait pour 2027, les conséquences dépendraient directement du montant de la pension. En effet, avec le système en place actuellement, une pension annuelle de 20 000 euros donne droit à un abattement de 2 000 euros. Au-dessus de ce niveau, un forfait fixé à 2 000 euros deviendrait moins favorable que l’abattement de 10 %, jusqu’au plafond actuel de 4 439 euros. Il est utile de préciser que pour le moment, aucune suppression de l’abattement n’a été votée pour 2027.
Vers un changement de la majoration de 10 % pour trois enfants
Le troisième chantier concerne les retraités ayant eu ou élevé au moins trois enfants. Aujourd’hui, plusieurs régimes accordent une majoration de pension de 10 % aux parents concernés. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a confirmé le 1er septembre que le gouvernement travaillait sur cette question. « comme la pension des hommes est supérieure à la pension des femmes en moyenne, en fait un enfant rapporte plus pour un homme que pour une femme, ce qui n’est pas normal », a-t-il expliqué.
Son cabinet indique que la majoration bénéficie à un nombre comparable de pères et de mères, mais que les hommes reçoivent environ les deux tiers des sommes versées, leurs pensions étant en moyenne plus élevées. L’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales ont étudié le remplacement des 10 % par un forfait de 125 euros. Leur rapport recense au total 4,2 milliards d’euros d’économies possibles dans les politiques familiales, indique CNews.
Un forfait changerait fortement la situation selon le niveau de pension. Plus celle-ci est élevée, plus le passage d’un pourcentage à une somme fixe pourrait réduire le gain lié aux enfants. Pour l’heure, ces trois pistes restent liées aux discussions sur le budget 2027 et le financement de la Sécurité sociale. Les règles actuelles continuent donc de s’appliquer tant que les textes n’ont pas été adoptés.








