Retraite : la désindextion fera davantage mal aux pensions modestes en 2027, alerte l’IPP

Les retraités modestes seraient davantage exposés à une désindexation des pensions en 2027, selon l’IPP.

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Retraite : la désindexation va frapper les pensions modestes plus lourdement que les autres, selon l'IPP - Crédit : Canva | Econostrum.info

 Le gel ou la sous-indexation des pensions figure parmi les pistes étudiées pour réduire les dépenses publiques en 2027. Une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) montre que toutes les options ne produiraient pas les mêmes effets selon le niveau de vie des retraités. Dans le scénario d’une désindexation générale, les pensions les plus modestes seraient proportionnellement davantage touchées.

L’IPP a étudié plusieurs moyens de faire contribuer les retraités au redressement des finances publiques. Dans une note publiée en juin 2026, les chercheurs Patrick Aubert, Todor Tochev et Maxime Tô ont simulé différentes modalités de sous-indexation des pensions de retraite de base. Par définition, une sous-indexation consiste à augmenter les pensions moins vite que l’inflation, voire à les maintenir au même niveau en euros courants.

Une nouvelle analyse de l’IPP, publiée le 28 septembre, compare plus précisément trois pistes : la désindexation des pensions, la suppression de l’abattement fiscal appliqué aux retraites et l’alignement des taux de CSG des retraités sur ceux des actifs. Dans le scénario d’une désindexation totale, le rendement atteindrait 5,5 milliards d’euros nets pour les finances publiques. C’est le montant le plus élevé des trois options étudiées.

Mais cette économie aurait un effet différent selon les revenus. Selon l’étude, les « pertes relatives » de niveau de vie seraient « comprises entre 0,8 % et 1,5 % » pour la moitié de la population retraitée la moins aisée. Elles diminueraient ensuite progressivement, jusqu’à atteindre « 0,4 % » chez les retraités les plus aisés. L’IPP qualifie ainsi le mécanisme d’« effet anti-redistributif ».

Ce résultat s’explique principalement par le fonctionnement même d’une hausse uniforme moins importante des pensions. Une même perte en pourcentage de pension ne représente pas le même effort lorsque les revenus disponibles sont différents. Dans ses travaux consacrés à la sous-indexation, l’IPP indique qu’une mesure uniforme touche davantage les catégories modestes, tandis qu’une sous-indexation différenciée peut davantage toucher les retraités relativement aisés.

Trois pistes, trois effets différents sur les retraités

Par ailleurs, la comparaison de l’IPP porte aussi sur deux autres mesures. Un alignement partiel des taux de CSG des retraités sur ceux des actifs rapporterait 4,2 milliards d’euros. Dans ce cas, les pertes de niveau de vie seraient davantage concentrées sur les classes moyennes, tandis que les retraités les plus modestes et les plus aisés seraient relativement moins concernés.

La suppression de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions, avec un plafond de 4 439 euros, procurerait de son côté 5,4 milliards d’euros de recettes. Selon l’IPP, cette option présenterait le profil « le plus redistributif ». Les pertes relatives augmenteraient avec le niveau de revenu jusqu’au neuvième décile. Les chercheurs signalent cependant qu’il faudrait prévoir des mesures d’atténuation pour limiter les effets sur le calcul des aides au logement des ménages modestes.

Ces simulations arrivent alors que le gouvernement prépare le budget 2027. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un objectif global d’environ 54 milliards d’euros d’économies, dont moins de 6 milliards doivent être demandés aux retraités. Le projet de budget doit être présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026.

 

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