Les automobilistes français qui se rendent régulièrement en Belgique devront peut-être bientôt ajouter une nouvelle dépense à leur budget transport. Le pays prévoit, en effet, de mettre en place une vignette routière payante à partir du 1er mai 2027 pour les véhicules de moins de 3,5 tonnes circulant sur les autoroutes et les routes régionales. Le dispositif concernera aussi bien les véhicules belges que les véhicules étrangers, notamment ceux des nombreux frontaliers français.
Cette mesure, annoncée le 10 juillet 2026, doit encore franchir plusieurs étapes avant son entrée en vigueur définitive, notamment l’approbation des trois Régions belges et l’examen par les autorités européennes. Le projet vise principalement à faire participer davantage les utilisateurs étrangers au financement de l’entretien du réseau routier belge.
Une vignette numérique jusqu’à 125 euros par an selon le véhicule
Contrairement à une vignette classique à coller sur le pare-brise, le système belge sera entièrement numérique. Elle sera associée directement à la plaque d’immatriculation du véhicule et pourra être achetée en ligne via les plateformes prévues par les Régions belges ou auprès de partenaires agréés. L’achat devrait être possible dès le 1er mars 2027, avant l’obligation prévue au 1er mai 2027.
Le tarif dépendra de la catégorie environnementale du véhicule et de la durée choisie. Pour une année complète, les prix annoncés sont de 125 euros pour les véhicules classés Euro 0 à Euro 3, 100 euros pour les véhicules Euro 4 et plus, et 90 euros pour les véhicules zéro émission. Des formules plus courtes seront également proposées : une journée, dix jours, un mois ou deux mois.
Dans le détail, la vignette annuelle coûtera donc entre 90 et 125 euros, tandis que la formule d’une journée variera entre 8,10 euros et 11,25 euros selon le type de véhicule. L’objectif affiché est de proposer un système proportionné à l’usage et aux émissions du véhicule.
Le contrôle sera effectué grâce aux dispositifs de lecture automatique des plaques déjà présents sur le territoire. Les automobilistes circulant sans vignette valide risqueront une amende administrative de 70 euros.
La Belgique ne souhaite pas instaurer un système de péage classique, jugé trop complexe compte tenu de la densité du réseau routier. Les autorités défendent une solution « assez simple, lisible et non discriminatoire », selon Nicolas Yernaux, porte-parole du service public de Wallonie. « Le but, effectivement, est de trouver des moyens supplémentaires pour rénover notre réseau routier qui en a bien besoin », confirme Nicolas Yernaux, porte-parole du service public de Wallonie.
Les Français frontaliers s’inquiètent de l’impact sur leurs déplacements en Belgique
Cette future vignette suscite déjà des réactions en France, notamment dans les zones proches de la frontière belge. De nombreux habitants des Hauts-de-France traversent régulièrement la frontière pour travailler, faire leurs achats ou profiter des commerces belges.
Certains professionnels craignent une baisse de fréquentation. À Tournai, située à environ 20 kilomètres de Lille, un restaurateur s’inquiète notamment de l’impact potentiel sur son activité, alors qu’une part importante de sa clientèle vient de France.
Le dispositif fait également débat en Belgique. Une pétition a notamment été lancée en Flandre contre cette nouvelle contribution routière. Les autorités belges assurent toutefois que la réforme doit être accompagnée d’une évolution de certaines taxes automobiles afin que l’impact financier soit neutre pour les automobilistes belges.
La question européenne sera également déterminante. Les autorités devront démontrer que la mesure respecte les règles de l’Union européenne sur la libre circulation et l’égalité de traitement entre conducteurs nationaux et étrangers. Le précédent allemand est régulièrement cité : en 2019, un projet de vignette autoroutière avait été invalidé par la Cour de justice de l’Union européenne car il prévoyait une compensation fiscale réservée aux automobilistes allemands.
Si elle est validée, cette vignette modifiera donc les habitudes de nombreux Français voyageant en Belgique. Pour les visiteurs occasionnels, les formules courtes devraient limiter le coût, tandis que les travailleurs frontaliers et les automobilistes réguliers devront probablement intégrer cette nouvelle dépense annuelle dans leur budget








