Les infractions routières ont connu une nette progression en 2024 sur le territoire belge. Avec 7 448 482 constats, c’est près d’un demi-million de plus qu’en 2023.
Ces données, publiées ce lundi par le SPF Justice, révèlent des tendances alarmantes en matière de respect du code de la route. Elles soulignent aussi des différences régionales marquées et des profils de contrevenants bien identifiés.
Une hausse généralisée dominée par les excès de vitesse
L’année 2024 a enregistré une augmentation de 499 681 infractions routières par rapport à 2023, soit une évolution préoccupante dans un contexte où les campagnes de prévention se multiplient. Sur ces infractions, 93 % ont donné lieu à une perception immédiate par la police, signe d’une surveillance renforcée et d’un recours massif aux contrôles automatisés, a relaté Sudinfo. Parmi celles-ci, la majorité concernait des excès de vitesse, qui restent le premier facteur d’infraction routière en Belgique.
Les autres catégories d’infractions restent présentes : usage du téléphone au volant, non-port de la ceinture de sécurité, alcoolémie, défaut de contrôle technique, ou encore conduite sans assurance. Ces comportements ont des conséquences tangibles : 43 591 victimes d’accidents de la route ont été enregistrées en 2024, dont 363 décès, confirmant l’importance de la problématique.
Le traitement judiciaire reste réservé aux cas les plus graves. Le ministère public peut proposer une transaction pénale ou convoquer le contrevenant devant le tribunal de police. Ce processus permet d’individualiser la sanction selon la gravité de l’infraction.
Autre fait marquant, environ un tiers des infractions sont commises avec une voiture de société. En 2024, 75 % des entreprises ont identifié le conducteur, contre 57 % en 2022, traduisant une amélioration notable dans la coopération des employeurs face aux obligations légales.
Des disparités régionales et des profils de contrevenants bien identifiés
En termes de répartition géographique, la Flandre concentre encore le plus grand nombre d’infractions avec 4,4 millions de constats. Néanmoins, c’est en Wallonie (+44 % entre 2022 et 2024) et à Bruxelles (+32 % sur la même période) que les hausses sont les plus significatives. Cette évolution pourrait refléter des efforts accrus de contrôle dans ces régions ou une détérioration des comportements au volant.
Le profil des contrevenants est également éclairant. 64 % des infractions sont le fait de citoyens, contre 36 % commises par des entreprises. Parmi les particuliers verbalisés, 84 % résident en Belgique. Les étrangers impliqués dans des infractions viennent principalement des pays voisins : Pays-Bas (5,69 %), France (4,98 %), Allemagne (1,7 %) et Luxembourg (0,7 %). Un contingent plus restreint provient de Pologne (0,67 %).
Ces données suggèrent un ancrage national fort du non-respect du code de la route, même si la circulation internationale génère aussi sa part d’infractions. Le fait que les voitures de société soient surreprésentées dans les constats pose la question du suivi des règles de conduite dans le cadre professionnel, où les pressions de temps et les déplacements fréquents peuvent influencer les comportements.








