Les salaires et allocations publiques vont connaître une nouvelle indexation en septembre. Mais cette fois, le mécanisme reste limité, et une partie des revenus ne bénéficiera pas de la pleine inflation.
Le dépassement de l’indice pivot attendu en juin entraînera bien une indexation des salaires de la fonction publique et des prestations sociales dès le mois de septembre. Toutefois, cette augmentation ne sera pas totale : elle sera calculée selon le mécanisme dit de « l’index centime« . Concrètement, les prestations sociales ne seront indexées que sur la tranche jusqu’à 2 000 euros bruts par mois, tandis que les salaires de la fonction publique ne bénéficieront de l’augmentation que jusqu’à 4 000 euros bruts. Au-delà de ces seuils, aucune majoration n’est prévue.
Cette mesure s’inscrit dans l’accord budgétaire conclu en novembre 2025, qui prévoyait de plafonner l’indexation des revenus élevés pour limiter l’impact sur les finances publiques. Il s’agit de la deuxième application du mécanisme dans cette législature, après la précédente indexation partielle.
Les conséquences pour les travailleurs et bénéficiaires d’allocations
Pour les agents de la fonction publique et les bénéficiaires de prestations sociales, cette indexation plafonnée signifie que seuls les revenus modestes et moyens profiteront pleinement de la hausse des prix. Les ménages percevant des revenus plus élevés verront leur pouvoir d’achat moins protégé, malgré l’inflation. Selon le Bureau fédéral du Plan, l’inflation moyenne devrait s’établir à 3,4 % pour 2026, puis à 2,9 % en 2027, ce qui rend la protection partielle particulièrement visible pour les tranches supérieures.
Cette approche permet toutefois au gouvernement de contenir les dépenses publiques tout en maintenant un filet de sécurité pour les plus modestes. Elle s’inscrit dans un contexte économique où le pouvoir d’achat reste un enjeu majeur, alors que la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation continue d’affecter de nombreux ménages.

La limitation de l’indexation illustre le compromis budgétaire
L’index centime reflète le compromis entre soutien aux travailleurs et maîtrise des finances publiques. Les économistes estiment que cette mesure permet de réduire le poids de l’inflation sur les dépenses publiques tout en préservant les plus vulnérables. Les syndicats, eux, pointent régulièrement les limites de ce mécanisme, rappelant que l’inflation impacte tous les revenus, et pas seulement les tranches basses.
Pour l’année 2026, la prévision du Bureau du Plan souligne que le choix de plafonner l’indexation devrait économiser plusieurs centaines de millions d’euros, tout en maintenant un filet minimal pour les revenus modestes. Les prochains dépassements de l’indice pivot sont prévus pour décembre 2026 et octobre 2027, ce qui permettra de réévaluer les mesures si nécessaire.








