La génération Z redessine les codes du travail en Belgique

La génération Z modifie profondément les attentes envers le travail, obligeant les entreprises à s’adapter rapidement à des critères de sens, d’équilibre et d’authenticité.

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Génération Z au travail
La génération Z envahit le marché du travail : horaires souples, vie perso, les jeunes imposent leurs règles : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La génération Z représente aujourd’hui une part croissante des actifs en Europe. Nés entre 1997 et 2010, ces jeunes professionnels redéfinissent la relation au travail en posant de nouvelles exigences. 

Flexibilité des horaires, quête de sens, équilibre entre vie privée et professionnelle : leurs attentes bousculent les modèles établis. Les entrepreneurs belges témoignent des ajustements nécessaires pour répondre à ces demandes inédites.

Une génération exigeante mais lucide face au marché du travail

Contrairement aux stéréotypes persistants, les jeunes travailleurs de la génération Z ne fuient pas le travail, mais ils en redéfinissent les contours. Hugues de Breyne, actif dans le secteur de l’horeca, l’exprime clairement : « Ils ne sont pas paresseux, mais ils délimitent plus fermement leurs horaires », rapporte 7sur7.be. La disponibilité totale, autrefois valorisée, est désormais relativisée. Même rémunérées, les heures supplémentaires ne séduisent plus autant. À la fin de leur service, ces salariés veulent passer à autre chose : sport, vie sociale, loisirs.

Johan Deketelaere observe une posture plus affirmée dès les premiers entretiens : « Ils arrivent avec une liste de conditions ». Horaires souples, jours de congé spécifiques, compatibilité avec leur mode de vie… certaines demandes peuvent surprendre, comme la présence d’un animal de compagnie sur le lieu de travail, sollicitation déjà formulée à quatre reprises selon lui.

Mais au-delà de leurs exigences, ces jeunes ont bien perçu les tensions sur le marché du travail. Le rapport de force s’est inversé, notamment dans les secteurs en pénurie de main-d’œuvre. « Les jeunes savent que les entreprises peinent à recruter, et ils en tirent parti », admet Deketelaere. Pour les employeurs, refuser trop fermement ces requêtes reviendrait à risquer de perdre un candidat ou de ne pas en trouver du tout.

ambitions décuplées et codes de communication revisités

La génération Z ne se contente pas d’exiger de meilleures conditions de travail : elle affiche aussi des ambitions plus marquées. Sven Reynaert, actif dans le secteur de la construction, note que ces jeunes professionnels ont des attentes plus élevées dès le recrutement. Le télétravail, par exemple, leur semble évident, bien qu’il ne soit pas toujours compatible avec les contraintes de certains métiers. « Ils veulent aller vite, voient les choses en grand », dit-il, tout en rappelant leur manque d’expérience qui peut limiter la faisabilité de certains projets.

Cette impatience s’alimente notamment via les réseaux sociaux, où les success stories rapides de certains influenceurs façonnent les aspirations professionnelles. Selon Reynaert, « tout semble leur tomber tout cuit, et c’est ce qu’ils espèrent aussi ».

Autre différence majeure : leur manière de communiquer. Johan Deketelaere parle d’un usage massif d’outils numériques comme Slack ou Teams, enrichis d’emojis, de gifs et de mèmes, même dans des échanges professionnels. Appels téléphoniques et e-mails formels semblent relégués à l’arrière-plan. Cette spontanéité nécessite parfois un recadrage : « Je dois leur dire d’appeler un client plutôt que d’envoyer 34 messages ».

Sven Reynaert complète cette observation en pointant une certaine méconnaissance des interactions directes. Réunions en présentiel, négociations face à face ou simples conversations téléphoniques doivent parfois être réexpliquées.

Malgré ces écarts culturels, les trois chefs d’entreprise interrogés expriment une opinion globalement positive à l’égard de la génération Z. Ils reconnaissent une technicité solide, une bonne capacité à travailler en équipe et une attitude plus collaborative. « Ils osent se montrer plus vulnérables, s’entraident plus facilement », note Reynaert. Hugues de Breyne, de son côté, nuance en relevant un niveau de formation parfois moins élevé, mais une motivation intacte. Enfin, Deketelaere souligne l’intérêt que suscite la présence d’un jeune dans les réunions clients : « Ils sont souvent plus en phase avec l’air du temps ».

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