Les premiers chiffres publiés après l’entrée en vigueur de la réforme du chômage confirment les projections du gouvernement fédéral. Depuis le début de l’année, près d’un tiers des personnes ayant perdu leur droit aux allocations de chômage ou d’insertion ont obtenu un revenu d’intégration auprès d’un CPAS. Les écarts restent marqués entre les régions, avec une Wallonie davantage touchée que la Flandre.
L’une des principales interrogations entourant la réforme concernait le devenir des personnes arrivant en fin de droits. Avant son entrée en vigueur, le gouvernement Arizona estimait qu’environ un tiers des exclus pourraient se tourner vers les CPAS. Les chiffres publiés par le ministère de l’Intégration sociale pour les quatre premiers mois de l’année semblent confirmer cette estimation.
Selon les données de l’Onem, 86.588 bénéficiaires d’allocations de chômage ont été exclus depuis le début de l’année. Parmi eux, 26.298 personnes, soit 30,4 %, ont obtenu un revenu d’intégration. À cela s’ajoutent les bénéficiaires d’allocations d’insertion arrivés au terme de leurs droits, dont une part importante a également sollicité l’aide sociale.
Plus de 30 % des personnes en fin de droits au chômage aidées par un CPAS
Entre janvier et avril, 10.369 personnes ont perdu leur allocation d’insertion après avoir atteint la durée maximale prévue. Parmi elles, 3.541 bénéficiaires, soit 34,1 %, ont obtenu un revenu d’intégration auprès d’un CPAS. Ces chiffres montrent que l’aide sociale constitue déjà une solution pour une part importante des personnes concernées.
En additionnant les chômeurs exclus et les bénéficiaires d’allocations d’insertion arrivés en fin de droits, le taux atteint 30,8 % à l’échelle nationale. Autrement dit, près d’une personne sur trois ayant perdu son allocation bénéficie désormais d’un revenu d’intégration. Ce résultat correspond presque exactement aux projections avancées par le gouvernement fédéral.
La Wallonie davantage touchée que les autres régions
Les disparités régionales apparaissent nettement dans les statistiques publiées. En Wallonie, 39.239 chômeurs ont perdu leurs allocations depuis le début de l’année et 14.135 d’entre eux, soit 36 %, se sont tournés vers un CPAS. Parmi les bénéficiaires d’allocations d’insertion exclus, 2.925 personnes sur 7.840 ont également obtenu un revenu d’intégration.
À Bruxelles, le taux de transfert vers les CPAS atteint 28,2 %, tandis qu’en Flandre il s’élève à 22,3 %. La région flamande reste donc la moins touchée par les conséquences directes de la réforme. Ces écarts reflètent des situations économiques et sociales différentes entre les trois régions du pays.
Une nouvelle étape attendue dès le 1er juillet
Ces chiffres ne représentent qu’un premier état des lieux de la réforme. Une nouvelle vague d’exclusions est attendue à partir du 1er juillet, ce qui pourrait modifier les statistiques observées depuis le début de l’année. Les CPAS suivent donc de près l’évolution du nombre de demandes d’aide sociale.
Les prochains mois permettront d’évaluer plus précisément les effets de la réforme sur les finances des communes et sur les dispositifs d’accompagnement social. Ils montreront également combien de personnes parviennent à retrouver un emploi ou une autre source de revenus après la perte de leurs allocations de chômage.










