La Belgique s’apprête à élargir le dispositif des flexi-jobs à la quasi-totalité des secteurs. Si le gouvernement présente la mesure comme une amélioration du pouvoir d’achat, l’opposition dénonce un manque d’études et redoute des effets négatifs sur l’emploi stable.
La commission des Affaires sociales de la Chambre a adopté en première lecture l’extension des flexi-jobs à tous les secteurs, à l’exception des secteurs agricole et horticole, qui ont refusé le dispositif. L’entrée en vigueur est prévue pour le 1er juillet 2026, après examen en deuxième lecture. Les flexi-jobs permettront aux salariés de cumuler un revenu complémentaire fiscalement avantageux, avec une cotisation patronale limitée à 28 %.
Les partenaires sociaux pourront toujours exclure ou réguler le mécanisme via l’« opt-out », et éventuellement le réintégrer avec un « opt-in ».
Les secteurs concernés et les exclusions
Les commissions paritaires 320 (pompes funèbres) et 323 (gestion d’immeubles et travailleurs domestiques) ont déjà opté pour l’« opt-out ». L’agriculture reste en dehors du dispositif, privilégiant le système des travailleurs saisonniers. Le ministre de l’Emploi, David Clarinval, s’est montré favorable à l’extension aux services de l’enseignement. L’interdiction de travailler en flexi-job dans une entreprise où l’on est déjà salarié à temps plein sera supprimée, et une évaluation des effets sera réalisée un an après la mise en œuvre.
Réactions de l’opposition et du gouvernement concernalt l’élargissement des flexi-jobs
L’opposition de gauche s’inquiète des conséquences sur l’emploi stable. Nadia Moscufo (PTB) décrit la mesure comme « une autoroute à quatre bandes pour engager en flexi-jobs », tandis que Jeroen Van Lysebettens (Ecolo-Groen) estime que « l’on avance à l’aveugle » sans études préalables. Hugues Bayet (PS) juge paradoxal de permettre aux salariés déjà en emploi de travailler davantage au lieu de créer de nouveaux postes.
À droite, Vincent Van Quickenborne (Anders) salue ce qu’il considère comme un « grand succès », et plusieurs partis de la majorité mettent en avant la demande des travailleurs et employeurs. Le CD&V appelle néanmoins à une évaluation précise des effets sur la sécurité sociale et le financement de l’État, souligne le Soir.
Objectifs et justification du gouvernement
David Clarinval défend l’élargissement comme un moyen de supprimer les différences entre employeurs et de simplifier l’accès au dispositif. Selon lui, le système ne remplace pas des emplois stables : en 2024, les heures médianes prestées étaient de 117,5, avec des pics de 283,4 heures pour les pensionnés. Il insiste sur le fait que les flexi-jobs représentent avant tout un revenu complémentaire et un outil de croissance pour les entreprises.








