40 % des Belges sans congé maladie : quels facteurs expliquent ce profil « zéro absence » ?

Les entreprises qui réussissent à maintenir un bon équilibre entre la productivité et le bien-être de leurs employés semblent obtenir des résultats durables, tant pour leur performance que pour la santé de leurs équipes.

Publié le
Lecture : 3 min
Absence au travail
40 % des Belges sans congé maladie : quels facteurs expliquent ce profil « zéro absence » ? : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

En Belgique, une étude récente menée par Mensura révèle que près de 40 % des travailleurs n’ont pris aucun jour de congé maladie en 2023. Ce phénomène, baptisé le profil « zéro absence », soulève des interrogations sur les facteurs qui permettent à ces employés de maintenir une présence constante au travail. 

Alors que l’absentéisme reste un enjeu majeur pour les entreprises, plusieurs éléments, tels que l’âge, la motivation, l’autonomie et le secteur d’activité, jouent un rôle clé dans cette absence de maladie. La gestion des absences, tant sur le plan politique que managérial, devient ainsi une priorité dans un contexte où l’optimisation du temps de travail est essentielle pour la performance des entreprises.

L’impact de l’âge, de la motivation et de l’autonomie

Une première analyse des données recueillies par Mensura met en lumière des différences importantes dans le profil des travailleurs « zéro absence ». Par exemple, les plus de 45 ans sont plus assidus que les plus jeunes : 40,8 % des travailleurs de cette tranche d’âge n’ont pris aucun congé maladie en 2023, contre seulement 33,5 % chez ceux de moins de 45 ans. Cette tendance s’explique en partie par une plus grande stabilité professionnelle et une expérience accrue qui rendent ces travailleurs moins enclins à se déclarer malades.

De plus, les hommes sont plus souvent concernés par ce profil que les femmes : 41,1 % des hommes n’ont pas pris un seul jour d’absence, contre 32,1 % des femmes. Cette disparité pourrait être liée à des facteurs sociétaux et professionnels, ainsi qu’à une répartition des tâches différente entre les sexes.

Le type de fonction exercée influe également sur la probabilité d’avoir un profil « zéro absence ». Les cadres se distinguent par un taux particulièrement élevé : 51,2 % des cadres n’ont pris aucune journée de congé maladie, bien plus que les employés (37,2 %) ou les ouvriers (30,3 %). Les dirigeants, quant à eux, semblent aussi moins touchés par l’absentéisme, avec 46 % des dirigeants n’ayant aucune absence, contre 34,3 % des non-dirigeants. Ce phénomène peut s’expliquer par une plus grande autonomie et un contrôle accru sur leur emploi du temps, mais aussi par un sentiment d’engagement et de responsabilité plus prononcé.

La motivation est également un facteur essentiel. Selon Bart Teuwen, expert en absentéisme chez Mensura, la motivation joue un rôle primordial dans la présence au travail. « Plus une personne est motivée, moins elle est susceptible de se mettre en arrêt maladie ». En effet, parmi les travailleurs les plus motivés, 44 % n’ont pris aucun congé maladie, contre seulement 20 % des travailleurs peu motivés. Une forte motivation, couplée à une certaine autonomie dans l’organisation du travail, semble ainsi être une clé pour éviter l’absentéisme.

Le secteur d’activité et le bien-être au travail : des déterminants majeurs

Le secteur d’activité joue également un rôle déterminant dans la présence ou l’absence des travailleurs. Les secteurs comme la finance, l’énergie et les technologies de l’information concentrent les taux d’absentéisme zéro les plus élevés, avec des conditions de travail souvent plus stables, des tâches moins émotionnellement éprouvantes et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle. En revanche, des secteurs comme les soins de santé, la culture ou l’enseignement affichent des taux d’absentéisme zéro bien plus bas. Les employés dans ces domaines font face à des charges de travail émotionnelles et physiques plus lourdes, ce qui les rend plus vulnérables à l’absentéisme.

Une autre dimension essentielle à prendre en compte est la stabilité émotionnelle des travailleurs. Les salariés psychologiquement fragiles sont beaucoup plus susceptibles de s’absenter. Ainsi, 39,8 % des travailleurs stables émotionnellement n’ont pris aucune journée d’arrêt maladie, contre seulement 28,3 % des employés plus vulnérables sur le plan psychologique. Ce facteur démontre l’importance de la santé mentale dans la prévention de l’absentéisme.

Le bien-être au travail joue également un rôle majeur. Les travailleurs qui se sentent épanouis dans leur entreprise, qui ont des perspectives d’avenir et qui sont bien traités par leur employeur, sont moins enclins à tomber malades. Ceux qui cherchent à quitter leur emploi sont plus souvent absents, ce qui montre à quel point l’envie de rester dans une organisation est liée à une meilleure santé physique et mentale. Ce constat souligne l’importance de la prévention et du climat de confiance dans la gestion de l’absentéisme.

Enfin, Mensura propose une approche basée sur ces données pour prédire les risques d’absentéisme dans les entreprises. En identifiant les facteurs de risque comme la motivation, l’autonomie ou l’environnement de travail, les employeurs peuvent mettre en place des actions concrètes pour favoriser la présence des employés tout en veillant à leur bien-être. Comme le conclut Bart Teuwen : « L’absentéisme zéro n’est pas uniquement une affaire de santé. C’est aussi le fruit de la prévention, de la culture et de la motivation ».

Laisser un commentaire

Share to...