Une enquête menée par l’association de défense des animaux GAIA affirme avoir détecté de l’ADN de cheval dans une partie des snacks analysés dans des friteries belges. Selon l’organisation, 27 % des produits testés contenaient des traces d’ADN équin, avec au moins un résultat positif dans trois établissements sur quatre.
L’étude a été réalisée en août à partir de 123 produits achetés dans 25 friteries réparties en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre. Les analyses ont porté sur différents snacks populaires, notamment des boulettes, hamburgers, croquettes et frikandels. GAIA précise avoir fait appel à un laboratoire accrédité pour réaliser ces analyses. L’association utilise ces résultats pour demander une interdiction de la viande d’équidés dans la chaîne alimentaire belge.
Des traces détectées dans 76 % des friteries analysées
Selon les résultats communiqués par GAIA, au moins un produit contenant de l’ADN de cheval a été retrouvé dans 76 % des établissements visités. Les proportions annoncées varient selon les régions : des traces ont été détectées dans 70 % des friteries testées en Wallonie et dans 80 % des établissements visités à Bruxelles et en Flandre. L’association souligne aussi que la présence de viande de cheval ne serait pas toujours clairement visible pour les consommateurs.
Pour les produits non préemballés vendus directement aux clients, l’espèce animale utilisée n’a généralement pas à être indiquée dans les informations disponibles. GAIA estime donc qu’un client peut consommer un produit contenant de la viande de cheval sans forcément en avoir connaissance. L’organisation rapproche également ces résultats des informations fournies par certains fabricants et distributeurs, où la viande de cheval apparaît dans les listes d’ingrédients de plusieurs produits.
Les données publiées par GAIA ne remettent pas en cause, à elles seules, la conformité sanitaire des produits concernés. L’association met principalement en avant des questions liées à la traçabilité et à l’information des consommateurs.
Une demande d’interdiction de la viande de cheval en Belgique
GAIA souhaite aller plus loin et demande l’interdiction de l’abattage des équidés destinés à la consommation humaine, mais aussi l’interdiction de commercialiser cette viande en Belgique, y compris lorsqu’elle provient de l’étranger. L’association rappelle que la Belgique compte environ 400 000 équidés, principalement utilisés pour les loisirs, le sport ou comme animaux de compagnie.
Malgré ce nombre important d’animaux présents sur le territoire, 1 662 équidés ont été abattus en Belgique en 2025, selon les chiffres avancés par GAIA. La même année, le pays aurait importé 12 268 tonnes de viande de cheval, soit l’équivalent d’environ 38 500 équidés selon l’organisation. GAIA évoque également des problèmes historiques liés à la traçabilité des chevaux destinés à la consommation.
L’association affirme que des contrôles menés par l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) entre décembre 2020 et juin 2021 avaient révélé 35 passeports falsifiés sur 230 documents examinés. L’organisation cite aussi une enquête internationale menée en septembre 2026 avec plusieurs services, dont la police judiciaire fédérale, l’Afsca et Europol, concernant des soupçons de réintroduction dans la chaîne alimentaire de chevaux qui en avaient été exclus.
GAIA demande désormais aux autorités des trois Régions belges de revoir les règles applicables. « Nous avons déjà fait du cheval un compagnon dans nos vies. Il est temps que la loi en tire les conséquences. Plus d’abattoir, plus de viande de cheval dans nos commerces et nos assiettes », conclut Sébastien de Jonge, directeur des opérations de GAIA.








