Une hausse de la TVA pourrait rapidement se faire sentir dans le portefeuille des Belges. Certains achats du quotidien seraient davantage concernés que d’autres, avec des conséquences plus lourdes pour les ménages modestes.
Le gouvernement De Wever étudie une hausse de la TVA pour boucler son budget, alors qu’il cherche plusieurs milliards d’euros pour rétablir les finances publiques. Parmi les pistes envisagées, le taux normal passerait de 21 % à 22 %, tandis qu’une partie des produits actuellement taxés à 6 % passerait à 9 %. À l’inverse, certains produits de première nécessité pourraient bénéficier d’une TVA à 0 %.
Viande, poisson, produits laitiers : les achats du quotidien dans le viseur
Le passage de 6 % à 9 % concernerait notamment plusieurs catégories alimentaires. La viande, le poisson, certains produits laitiers, les biscuits, les snacks et les boissons gazeuses figurent parmi les produits cités dans le scénario actuellement étudié. À l’inverse, les fruits, légumes frais, pain, lait et œufs pourraient passer à un taux de TVA nul. Leur prix ne subirait donc plus la taxe sur la valeur ajoutée, même si le tarif en magasin dépend aussi des coûts de production, de transport et des décisions des distributeurs.
Pour un produit affiché 10 euros hors TVA, le passage de 6 % à 9 % ferait passer son prix théorique de 10,60 à 10,90 euros, soit 30 centimes supplémentaires. Avec une TVA à 21 %, le même produit passerait de 12,10 à 12,20 euros si le taux atteignait 22 %. Dans les faits, l’évolution du prix final pourrait être différente. C’est justement l’un des points surveillés par les économistes. Une hausse de TVA ne se traduit pas nécessairement par une hausse identique du prix en rayon. Les distributeurs peuvent décider d’absorber une partie de la hausse en réduisant leur marge ou, au contraire, de relever davantage leurs tarifs.
« Prenez quelque chose qui est à 59,99 €. Si vous augmentez de 1 %, vous êtes au-dessus des 60 €. Le marketing va dire que ce n’est pas très bon. Donc est-ce que vous comprimez un peu votre marge ou est-ce que, d’un autre côté, comme les prix de l’énergie ont augmenté, vous en profitez pour peut-être augmenter de 3, 4, 5 % votre prix ? », souligne auprès de RTL Philippe Ledent, économiste chez ING Belgique. Les produits actuellement soumis à 21 % seraient eux aussi concernés. Cela englobe notamment les vêtements, les produits d’hygiène, les produits d’entretien, l’électronique et les carburants.

Les ménages modestes seraient davantage exposés à la hausse de la TVA
Le passage du taux réduit de 6 % à 9 % pose une question particulière pour les ménages aux revenus modestes. Ces foyers consacrent une part plus importante de leurs ressources aux dépenses courantes et disposent généralement de moins de capacité d’épargne. « Les ménages qui ont les revenus les plus faibles n’épargnent pas, donc tout est consacré à la consommation. Et donc, forcément, si vous avez une part de ces produits qui passe de 6 à 9 %, oui, ça a un impact plus important pour ce type de ménage », résume Philippe Ledent.
Xavier Dupret, économiste à la Fondation Jacquemotte, partage cette analyse. « Ce sont les classes populaires qui dépensent le plus pour les produits alimentaires relativement à leur revenu, donc elles seront impactées. (…) Spécialement sur les produits de première nécessité, une augmentation de TVA est socialement plus injuste, puisque c’est un impôt qui frappe tout le monde de la même manière mais pas avec les mêmes conséquences », a-t-il commenté.
Le risque concerne aussi les achats transfrontaliers. Une hausse des prix pourrait pousser certains consommateurs à réaliser davantage de leurs achats dans les pays voisins, particulièrement dans les zones proches de la France, des Pays-Bas, du Luxembourg ou de l’Allemagne. Selon Philippe Ledent, la réforme rapporterait entre 1 et 1,5 milliard d’euros de recettes brutes. Cette somme pourrait être réduite si les ménages diminuent leur consommation ou si les achats effectués à l’étranger augmentent.








