Les entreprises belges freinent les augmentations de salaire et privilégient une autre solution

Les hausses de salaire hors indexation ralentissent en Belgique. Les entreprises privilégient désormais les bonus et avantages.

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Salaire
Les entreprises belges freinent les augmentations de salaire et privilégient une autre solution. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

Les augmentations de salaire hors indexation deviennent plus rares en Belgique. Selon la dernière Hudson Reward Survey de Randstad, une grande partie des travailleurs n’a pas bénéficié d’une hausse individuelle au-delà de l’indexation automatique, tandis que les entreprises développent davantage les rémunérations variables et les avantages extralégaux.

L’étude, basée sur plus de 375 000 enveloppes salariales dans 1 121 organisations, montre que les salaires continuent de progresser, mais principalement grâce au mécanisme d’indexation. Sur la dernière année, l’augmentation médiane atteint 2,93 % en tenant compte de l’indexation. Une fois ce mécanisme retiré, la progression réelle des rémunérations tombe à 0,89 %. Près de 38 % des travailleurs n’ont ainsi reçu aucune augmentation individuelle en dehors de l’indexation légale.

Les hausses individuelles de salaire deviennent moins fréquentes

Les entreprises accordent moins souvent des augmentations importantes à leurs salariés. Selon l’étude de Randstad, 16 % des travailleurs ont obtenu une hausse individuelle supérieure à 4 % hors indexation, contre 21 % un an plus tôt. Cette évolution s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années. En 2022, l’augmentation salariale individuelle médiane hors indexation atteignait encore 1,5 %. Elle se situe désormais autour de 0,9 %.

Pour les employeurs, le contexte économique pousse à davantage de prudence sur les coûts fixes liés aux salaires. Les entreprises cherchent donc d’autres moyens de récompenser leurs collaborateurs sans augmenter durablement leur masse salariale. « L’indexation automatique protège le pouvoir d’achat des salariés belges contre l’inflation, mais nous voyons que la marge de manœuvre pour une croissance réelle des salaires est fortement mise sous pression », analyse Paul-Etienne Siegrist, expert en rémunérations chez Randstad, cité par RTL.

Selon lui, les employeurs se tournent davantage vers des formes de rémunération variables afin de « récompenser les performances sans alourdir structurellement la masse salariale fixe ».

Bonus, warrants et chèques-repas progressent

Face à la limitation des hausses salariales classiques, les entreprises développent davantage les avantages complémentaires. Les warrants et autres avantages non pécuniaires concernent désormais 11 % des salariés, contre 6 % en 2025. Ces dispositifs restent particulièrement présents chez les managers, mais ils progressent aussi auprès des employés et des cadres. Le bonus salarial collectif, appelé également bonus CCT 90, gagne lui aussi du terrain. L’an dernier, 42 % des employés en ont bénéficié, soit une progression de 5 points de pourcentage sur un an.

Les chèques-repas restent également un outil très utilisé pour soutenir le pouvoir d’achat. Depuis l’augmentation du plafond légal, 24 % des organisations interrogées accordent désormais le montant maximal de 10 euros par jour. Près de la moitié des entreprises, soit 48 %, proposent encore des chèques-repas à 8 euros. En parallèle, 10 % des organisations offrent un montant compris entre 8 et 10 euros, tandis que 19 % restent sous la barre des 8 euros.

Pour Randstad, cet avantage séduit les employeurs car il concerne toutes les catégories de travailleurs et peut augmenter le revenu disponible sous certaines conditions fiscales et sociales. Le marché du travail belge évolue donc vers une rémunération davantage composée d’éléments fixes, indexés et d’avantages complémentaires. Si l’indexation continue de soutenir les revenus face à l’inflation, les augmentations individuelles hors indexation restent limitées dans de nombreuses entreprises.

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