Le nombre de travailleurs indépendants continue de progresser en Belgique, particulièrement en Flandre et à Bruxelles. Selon le dernier rapport d’Unizo, publié le 22 octobre 2026, leur nombre atteint un niveau inédit. Derrière cette croissance, les freelances font pourtant face à une réalité plus contrastée, marquée par des revenus incertains et des inquiétudes concernant leur avenir professionnel.
D’après le rapport Freelancer Focus 2026, publié par la fédération patronale flamande Unizo, la Flandre et Bruxelles comptent désormais 243 647 travailleurs indépendants, soit une hausse de 3,9 % en un an. Cette progression confirme une tendance observée depuis plusieurs années. Sur une période de cinq ans, le nombre de freelances a augmenté d’environ 25 % dans les deux régions.
La répartition géographique révèle une forte concentration de cette activité en Flandre, qui rassemble 205 206 indépendants, contre 38 441 à Bruxelles. La région flamande représente ainsi près de 84 % du total recensé, tandis que Bruxelles concentre les 16 % restants. Ces chiffres concernent uniquement les deux régions étudiées et ne décrivent donc pas l’ensemble du travail indépendant en Belgique.
Cette croissance s’accompagne également d’une augmentation des rémunérations facturées. Le tarif horaire moyen des freelances est passé de 84 euros en 2025 à 88,50 euros en 2026, soit une progression d’environ 5,4 %. Cette évolution traduit une hausse des tarifs moyens, sans nécessairement correspondre à une augmentation équivalente du revenu disponible après les charges professionnelles.
Sur la base de ce tarif et de 46 semaines de travail par an, Unizo estime le chiffre d’affaires théorique à 142 500 euros par freelance, soit 34,7 milliards d’euros au total. Bart Buysse, administrateur délégué de l’organisation, précise qu’il ne s’agit pas de revenus réellement réalisés, mais d’une estimation destinée à illustrer le poids économique de cette catégorie professionnelle.
Malgré des tarifs en hausse, les indépendants restent exposés à l’incertitude financière
La progression du nombre d’indépendants ne s’accompagne pas toujours d’une stabilité financière. Selon Unizo, 8 % des freelances exerçant à titre principal déclarent pouvoir tenir au maximum un mois sans nouvelle mission. 27 % supplémentaires rencontreraient des difficultés financières après une période comprise entre un et trois mois sans activité.
Cette fragilité se retrouve dans les préoccupations exprimées par les professionnels interrogés lors d’une enquête en ligne menée entre mai et juillet 2026. 52 % des répondants craignent de ne pas trouver suffisamment de nouvelles missions, contre 49 % en 2025. Les inquiétudes concernent également les revenus (35 %), la protection sociale (30 %) et la baisse des tarifs (27 %).
Malgré ces incertitudes, les freelances restent sélectifs dans le choix de leurs contrats. Plus de la moitié déclarent avoir refusé au moins une mission durant l’année écoulée. Parmi les motifs avancés figurent une rémunération insuffisante (68 %), des attentes irréalistes (50 %) et une mauvaise communication (27 %). Ces pourcentages correspondent aux raisons citées par les répondants concernés.








