Le salaire ne suffit plus à expliquer pourquoi les travailleurs belges restent fidèles à leur employeur. Entre stabilité professionnelle, équilibre personnel et conditions de travail, d’autres critères pèsent davantage dans leurs choix. Une récente enquête révèle un classement qui pourrait surprendre.
Selon une étude publiée ce vendredi 16 octobre 2026 par Partena Professional, réalisée auprès de 1 000 travailleurs belges, la sécurité de l’emploi arrive en tête des raisons de rester dans son entreprise. Le salaire ne se classe qu’en cinquième position, cité par 35,1 % des répondants. L’enquête révèle également des différences entre les francophones et les néerlandophones, les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les niveaux de diplôme.
Sécurité de l’emploi, équilibre de vie et salaire : ce que privilégient les travailleurs belges
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la rémunération n’est pas le premier critère qui incite les salariés belges à rester chez leur employeur actuel. La sécurité de l’emploi occupe la première place du classement, devant plusieurs éléments liés aux conditions de travail et à la vie quotidienne. Dans un contexte économique marqué par des incertitudes, disposer d’un poste stable constitue une priorité pour de nombreux salariés.
« Pour beaucoup de travailleurs, la sécurité de l’emploi compte au moins autant que le montant qu’ils reçoivent chaque mois sur leur compte bancaire », explique Yves Stox, managing consultant chez Partena Professional. Derrière cette première préoccupation, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée arrive en deuxième position, avec 49,5 % des réponses. Le contenu du travail occupe la troisième place, cité par 44,7 % des personnes interrogées. Ce résultat souligne l’attention portée aux missions exercées et à l’intérêt du poste.
Les trajets entre le domicile et le lieu de travail arrivent ensuite, avec 38,1 %. La durée et les contraintes des déplacements constituent donc un facteur de fidélisation pour une partie importante des salariés. Le salaire complète ce groupe de tête, avec 35,1 % des répondants. Les avantages extralégaux, comme certains dispositifs de rémunération complémentaire, sont cités par 33,6 % des travailleurs. La flexibilité des horaires suit avec 32,1 %. Les relations avec les collègues recueillent 29,5 % des réponses, contre 23,8 % pour le télétravail.
Les critères les moins cités concernent l’utilité sociétale du travail (11,5 %), les possibilités d’évolution professionnelle (11,4 %) et le prestige de l’organisation (6,4 %). Ces résultats ne signifient pas que le salaire est devenu secondaire pour tous les Belges. Ils indiquent qu’au moment d’expliquer leur fidélité à leur employeur actuel, les répondants mettent davantage en avant la stabilité et les conditions de travail.

Pourquoi le salaire compte davantage pour certains Belges
Si la sécurité professionnelle domine globalement les réponses, l’enquête révèle des différences selon les profils. Les travailleurs francophones accordent davantage de place au salaire que les néerlandophones. Parmi les premiers, 39,8 % citent leur rémunération comme une raison de rester chez leur employeur, contre 31,8 % chez les seconds. L’écart atteint donc 8 points de pourcentage.
Une différence plus marquée apparaît entre les hommes et les femmes. Chez les hommes, 41,3 % des répondants mentionnent le salaire, contre 28,6 % des femmes. Cela représente un écart de 12,7 points. Ces chiffres ne signifient pas que les femmes accordent moins d’attention à leur rémunération dans l’absolu. L’enquête porte précisément sur les raisons qui les incitent à rester chez leur employeur actuel.

Le niveau de diplôme fait également apparaître des différences. Parmi les diplômés de l’enseignement supérieur, 38,5 % citent le salaire, contre 32 % des travailleurs moins qualifiés. Les données montrent ainsi que la place accordée à la rémunération varie selon les groupes interrogés. Elles ne suffisent pas, à elles seules, à expliquer les causes de ces écarts. Pour les entreprises belges, ces résultats mettent en évidence plusieurs dimensions de la fidélisation des salariés.
Une rémunération attractive peut compter dans la décision de rester, mais la stabilité du poste, l’organisation du travail et l’équilibre de vie figurent aussi parmi les principales attentes exprimées. L’enquête rappelle enfin qu’une politique de fidélisation centrée uniquement sur les augmentations salariales ne répond pas nécessairement à l’ensemble des préoccupations des travailleurs.








