Travailler malgré la maladie en Belgique : 82 % des salariés seraient prêts à le faire

En Belgique, de nombreux salariés accepteraient de travailler malgré la maladie. Une tendance qui interroge sur les conditions de travail et la santé.

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Travailler malgré la maladie
Travailler malgré la maladie en Belgique : 82 % des salariés seraient prêts à le faire. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Travailler malgré la maladie devient une réalité de plus en plus présente en Belgique. Une nouvelle enquête révèle que de nombreux salariés envisagent de poursuivre certaines activités professionnelles, même lorsque leur santé se dégrade. 

Selon une enquête réalisée par Indiville pour Mensura, auprès de 1 043 travailleurs belges, 82 % des répondants se disent disposés à accomplir certaines tâches professionnelles pendant une maladie, à condition que leur état de santé et les aménagements proposés le rendent possible. Dans le détail, 34 % accepteraient de continuer à travailler uniquement si leur rétablissement n’était pas compromis. Les 48 % restants seraient prêts à examiner les tâches qu’ils pourraient encore effectuer malgré leur état de santé.

À l’inverse, 18 % des salariés interrogés considèrent que leur employeur ne peut pas attendre d’eux qu’ils travaillent lorsqu’ils sont malades. Cette proportion atteignait 26 % en 2024, ce qui traduit une évolution des réponses recueillies. L’enquête souligne également une progression du présentéisme, c’est-à-dire le fait de travailler malgré des problèmes de santé. 81 % des participants déclarent l’avoir déjà fait, tandis que 27 % affirment travailler systématiquement lorsqu’ils sont malades, contre seulement 4 % en 2024.

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Crédit : Econostrum

Les principales raisons évoquées concernent l’accumulation des tâches et le respect des délais professionnels. Certains salariés redoutent notamment de retrouver une charge de travail plus importante après leur absence. Bart Teuwen, spécialiste de l’absentéisme chez Mensura, insiste sur la distinction entre une activité adaptée, décidée avec l’employeur et compatible avec la guérison, et une poursuite du travail sous pression, susceptible d’aggraver les problèmes de santé.

Santé mentale au travail : des salariés toujours plus réticents à en parler

L’enquête Mensura révèle également des difficultés concernant la communication sur la santé mentale en entreprise. Si 67 % des travailleurs déclarent être à l’aise pour parler de santé et de bien-être avec leur responsable, la proportion chute à 12 % lorsqu’il s’agit de leur santé mentale. Elle atteignait encore 24 % en 2024, soit deux fois plus. Par ailleurs, 14 % des salariés interrogés affirment ne pas discuter de leurs difficultés psychologiques avec une personne de confiance, un médecin du travail ou un collègue proche.

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Crédit : Econostrum

Cette réticence peut compliquer l’identification des situations de souffrance professionnelle. Elle souligne aussi la nécessité de préserver un cadre dans lequel les salariés peuvent évoquer leurs difficultés sans craindre de jugement. Mensura précise que les résultats ont été pondérés selon la région, le secteur d’activité et la taille des organisations, afin de refléter la composition du monde du travail belge. La disponibilité des salariés ne doit donc pas être confondue avec une obligation de travailler pendant une maladie. .

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