Gaz russe : une hausse inattendue des importations en Belgique

La Belgique importe à nouveau davantage de gaz russe malgré la guerre en Ukraine, une situation paradoxale à l’approche d’une interdiction européenne.

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Gaz russe : une hausse inattendue des importations en Belgique. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Alors que l’Union européenne s’est engagée à se passer du gaz russe dans les prochaines années, la Belgique affiche paradoxalement une hausse de ses importations en 2025. Selon les dernières données du SPF Économie, la part du gaz d’origine russe dans la consommation belge atteint 11,6 %, un niveau supérieur à celui observé avant le début du conflit en Ukraine.

D’après les chiffres relayés par plusieurs médias économiques, la Belgique n’avait plus consommé une telle proportion de gaz russe depuis 2019. Après l’invasion de l’Ukraine en 2022 et la réduction des importations directes, la part du gaz russe était pourtant tombée sous les 5 % de la consommation totale.

Depuis, la tendance s’est inversée progressivement, avec une remontée régulière de cette part dans le mix énergétique belge.

Une situation paradoxale à quelques mois d’une interdiction européenne

Cette évolution intervient à un moment clé, alors que l’Union européenne prévoit une interdiction totale des importations de gaz russe d’ici six mois. La hausse constatée en Belgique contraste donc avec les objectifs politiques affichés au niveau européen, qui visent à réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou depuis le début de la guerre.

Cette situation soulève des questions sur la traçabilité réelle des flux de gaz sur le marché européen, devenu plus complexe avec la multiplication des importations de gaz naturel liquéfié.

Le rôle central du gaz naturel liquéfié

Si aucun gaz russe n’est désormais livré directement par gazoduc vers la Belgique, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) ont fortement augmenté. Ce gaz arrive par voie maritime et transite notamment par le terminal de Zeebruges, géré par Fluxys. Selon les données disponibles, environ 17,6 térawattheures de gaz russe sous forme de GNL ont été importés l’an dernier via ce terminal, un volume supérieur à celui observé sur l’ensemble des quatre années précédant la guerre en Ukraine.

Une dépendance indirecte au gaz russe qui est difficile à réduire

Cette hausse s’explique par la structure du marché mondial du gaz, où les flux sont désormais plus difficiles à tracer. Le gaz russe, transformé en GNL et réacheminé par différents intermédiaires, continue d’alimenter indirectement plusieurs pays européens, dont la Belgique.

Cette situation illustre la complexité du découplage énergétique engagé depuis 2022, malgré les efforts de diversification des sources d’approvisionnement. Alors que l’échéance de l’interdiction européenne approche, ces chiffres relancent le débat sur la dépendance réelle de l’Europe au gaz russe. Pour la Belgique, le défi consiste désormais à concilier sécurité d’approvisionnement, prix de l’énergie et objectifs géopolitiques.

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