Face à la hausse du prix du mazout, de nombreux consommateurs hésitent à remplir leur cuve avant l’hiver. Entre l’espoir d’une baisse des tarifs et les incertitudes liées aux tensions internationales, le choix devient difficile pour les ménages.
Le marché du mazout tourne actuellement au ralenti. Chez certains fournisseurs, les clients limitent leurs achats ou commandent seulement de petites quantités en attendant une éventuelle baisse des prix. Pour Frédéric Bottequin, livreur pour Mazout Joassin, les commandes importantes se font plus rares. « On a vraiment des grosses baisses de demande. On livre beaucoup de petites quantités, comme 500 litres. Ils attendent que les prix diminuent pour commander des plus grosses quantités », explique-t-il à RTL.
Cette prudence s’explique par la forte progression des tarifs observée ces dernières semaines. Le remplissage d’une cuve de 2 000 litres atteint actuellement environ 2 700 euros, soit une hausse de 750 euros en un mois.
Certains consommateurs préfèrent patienter
Plusieurs particuliers choisissent donc d’attendre avant de refaire le plein. C’est le cas de Pierre, qui dispose encore d’une réserve de 650 litres. Il préfère utiliser ce stock dans un premier temps et espère une évolution plus favorable des prix avant l’arrivée de l’automne. « Je vais attendre que ça diminue et si ça ne diminue pas, je ne prendrai que des demi-citernes », explique-t-il.
Cette décision repose sur l’espoir d’un retour à des tarifs plus bas, mais elle comporte aussi une part d’incertitude. Une baisse rapide n’est pas assurée alors que la situation énergétique reste instable.
Une évolution des prix du mazout difficile à prévoir
Pour Adel El Gammal, professeur de géopolitique de l’énergie à l’ULB, il reste compliqué de prévoir l’évolution des prix dans les prochains mois. Selon lui, le scénario le plus probable reste celui d’une période d’incertitude prolongée. Les tensions au Moyen-Orient, notamment autour du trafic dans le détroit d’Ormuz, continuent de peser sur les marchés de l’énergie.
Une stabilisation durable de la situation géopolitique pourrait favoriser un recul des prix du pétrole et du gaz. À l’inverse, une nouvelle dégradation pourrait maintenir une pression sur les tarifs. Pour les ménages qui chauffent au mazout, le dilemme reste donc entier. Attendre peut permettre de profiter d’une éventuelle baisse, mais expose aussi au risque de devoir acheter plus cher si les prix repartent à la hausse.
À l’approche de la saison froide, chacun devra donc arbitrer entre remplir sa cuve rapidement ou fractionner ses commandes en espérant une évolution plus favorable du marché.








