Les ménages belges pourraient encore faire face à des prix élevés de l’énergie dans les prochains mois. Le gaz est particulièrement exposé, alors que l’hiver approche et que les tensions au Moyen-Orient continuent de peser sur les marchés.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du gaz européen a plus que doublé. Le mégawatt-heure, qui se négociait autour de 30 euros avant le conflit, atteint désormais environ 73 euros. Le niveau reste très inférieur au sommet d’environ 340 euros/MWh enregistré en 2022. Pour Maxime Sonkes, directeur du comparateur d’énergie Wikipower, la situation ne peut pas être directement comparée à celle de 2022. « Chaque crise de l’énergie a ses propres conséquences et ses propres caractéristiques ».
L’Europe a depuis diversifié ses sources d’approvisionnement. Elle achète notamment du gaz auprès de plusieurs fournisseurs internationaux, parmi lesquels les États-Unis et le Qatar. Cette diversification réduit la dépendance envers un fournisseur unique, mais elle expose davantage l’Europe à la concurrence mondiale pour les cargaisons disponibles.
Le gaz pourrait rester cher pendant les prochains mois
L’arrivée de l’automne constitue une période sensible pour le marché. La consommation de gaz augmente avec la baisse des températures, tandis que les pays européens cherchent à disposer de réserves suffisantes avant l’hiver. « Le gaz a tendance à baisser en été, à augmenter en hiver, et le mois de septembre est un petit peu le mois pivot où les courbes s’inversent », explique à la RTBF Maxime Sonkes.
Les tensions géopolitiques ajoutent une pression supplémentaire. Une perturbation des flux énergétiques au Moyen-Orient pourrait resserrer l’approvisionnement mondial et renforcer la concurrence entre les acheteurs. Dans ces conditions, Maxime Sonkes prévient : « Il ne va pas vraiment y avoir d’accalmie dans les mois à venir ». Les prix facturés aux ménages ont déjà commencé à suivre le mouvement.
Les contrats proposés par les fournisseurs auraient augmenté en moyenne de 15 % pour le gaz, contre 7 % pour l’électricité, d’après les chiffres avancés par le directeur de Wikipower. Le poids de cette hausse dépend fortement du profil du foyer. Une famille qui utilise le gaz pour le chauffage consomme beaucoup plus d’énergie qu’un ménage qui s’en sert uniquement pour cuisiner.
Contrat fixe ou variable : le choix dépend de la consommation
Face à cette situation, Maxime Sonkes conseille aux gros consommateurs de gaz de réduire leur exposition aux variations du marché. « Pour les ménages qui consomment beaucoup de gaz, notre recommandation, en effet, c’est de se couvrir pour l’hiver et de passer en fixe ». Un contrat fixe bloque le prix de l’énergie pendant la période prévue par le contrat. Un tarif variable évolue, lui, en fonction des conditions du marché. Une nouvelle hausse du gaz peut donc se retrouver plus rapidement dans les factures des clients concernés.
« Ceux qui seront en variable en hiver doivent s’attendre, effectivement, à une augmentation conséquente de leur facture », prévient Maxime Sonkes. Pour l’électricité, la situation est moins tendue. Son conseil diffère donc pour les ménages ayant une faible consommation : « Si vous avez uniquement de l’électricité et que votre consommation est modeste, restez en variable ».
Une détente reste possible si la situation internationale évolue. « Si demain, un accord est trouvé entre l’Iran et les États-Unis, ça va permettre de réexporter massivement des cargaisons. Et donc, effectivement, ça aura une incidence positive sur le prix ». Pour les ménages chauffés au gaz, les prochaines semaines seront donc particulièrement suivies. Le niveau des cours internationaux et l’évolution des tensions au Moyen-Orient pèseront directement sur les tarifs proposés pour l’hiver.







