Flexi-jobs en Belgique : boom record, mais à quel prix pour le marché du travail ?

Les flexi-jobs explosent en Belgique et soulèvent des questions sur leurs effets sur les emplois permanents et les recettes récoltées par l’État fédéral.

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Flexi-jobs en Belgique : boom record, mais à quel prix pour le marché du travail ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Les flexi-jobs continuent de séduire les Belges, offrant un revenu complémentaire aux salariés et retraités. Mais leur popularité croissante soulève des questions sur l’impact sur l’emploi traditionnel et le budget de l’État.

En 2025, plus de 261.000 Belges ont exercé un flexi-job, selon l’Office national de sécurité sociale (ONSS). Cela représente une hausse de 14 % par rapport à 2024, avec près de 360.000 missions réalisées. Le revenu moyen tiré de ces emplois complémentaires s’établit à 1.900 euros par an, confirmant que la plupart des flexi-jobs restent un complément plutôt qu’une source principale de revenus.

À l’origine réservés au secteur de l’hôtellerie-restauration, ces emplois flexibles ont progressivement été étendus à d’autres secteurs. À partir de juillet 2026, tout actif pourra y recourir. Pour l’instant, l’hôtellerie-restauration et le commerce de détail, notamment les supermarchés, restent les principales zones d’activité.

les flexi-jobs appréciés par employeurs et salariés

Le flexi-job séduit tant les travailleurs que les entreprises. L’ONSS rapporte que 53.000 entreprises ont fait appel au système en 2025, soit 12 % de plus qu’en 2024. « Les flexi-jobs sont rapidement devenus un énorme succès sur le marché du travail », souligne Jasper Hubeau, directeur du service financier et statistique de l’ONSS.

Les flexi-jobbers sont majoritairement jeunes, entre 25 et 39 ans, mais la participation des plus de 50 ans et même des retraités de plus de 65 ans progresse. La plupart travaillent moins de 100 heures par an, et le revenu reste modeste, confirmant le rôle de ce dispositif comme complément de revenu.

Quel impact sur le budget et l’emploi traditionnel ?

Le cumul emploi-retraite ou emploi à temps partiel flexible suscite un débat sur ses effets économiques. L’ONSS souligne que l’État bénéficie du système, car les employeurs versent un taux de cotisation plus élevé (28 %). Le travail déclaré permet aussi de limiter le travail non déclaré.

Mais l’économiste Ive Marx alerte : « Étendre le système à des secteurs où il n’y a aucune fluctuation et où la flexibilité n’est pas nécessaire ? Cela en va totalement à l’encontre de son objectif », rapporte VRT. Selon Marx, les tâches proposées sont souvent peu qualifiées et pourraient remplacer des salariés déjà en poste.

Du côté d’Unizo, Joran Ceulebroeck nuance : « Il est impératif de préserver les emplois permanents. Or, étant donné que 83 % des personnes occupant des emplois flexibles cumulent cette activité avec un emploi permanent, cela démontre qu’elles ne quittent pas le marché du travail traditionnel. »

Un équilibre délicat à trouver

Alors que les flexi-jobs continuent de se développer, la Belgique doit trouver un équilibre entre flexibilité, protection de l’emploi traditionnel et recettes publiques. Si le dispositif offre des avantages clairs pour les travailleurs et les entreprises, son extension à l’ensemble des secteurs devra être encadrée pour éviter un effet pervers sur le marché du travail.

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