Une nouvelle directive européenne impose davantage de transparence salariale en Belgique. Les salariés pourront comparer leur rémunération par rapport à leur fonction, mais pas connaître le salaire exact de leurs collègues.
La directive européenne vise avant tout à réduire l’écart salarial entre hommes et femmes, qui ne pourra plus dépasser 5 % pour des postes similaires. En Belgique, cette mesure oblige les employeurs à divulguer les fourchettes de salaires par catégorie de poste, sans toutefois révéler les rémunérations individuelles.
William Berger, ouvrier depuis sept ans dans une PME à Noville-les-Bois, admet ne jamais avoir discuté salaire avec ses collègues. « je pense qu’on est tous plus ou moins au même niveau. Ça dépend des anciennetés », confie-t-il à RTL. La nouvelle réglementation permettra aux employés comme William de savoir si leur salaire se situe dans la fourchette normale pour leur poste, mais sans dévoiler combien gagne exactement un collègue.
Barbara Thiry, coresponsable de l’entreprise, se réjouit de cette évolution. « Pour nous c’est extrêmement important d’avoir une équité, que ce soit entre les différents profils d’un même niveau, mais aussi en termes d’hommes-femmes », explique-t-elle à RTL. L’objectif est clair : une rémunération juste, transparente et défensive face aux discriminations.
Comment les salariés peuvent comparer leur rémunération
La transparence ne signifie pas que « Arthur pourra demander combien gagne Maxime », précise Jordane Houdart, consultante juridique chez SD Worx. En revanche, chaque employé pourra connaître la fourchette salariale correspondant à sa fonction. Cette information permet de détecter une rémunération trop basse et, le cas échéant, d’engager une discussion sur une augmentation.
Christophe Wyame, employé dans la même PME, estime cette mesure utile. « Je pense que c’est important de pouvoir comparer, histoire de se rendre compte si on est correctement rémunéré ou pas », souligne-t-il.
Les entreprises doivent s’adapter à la transparence salariale
Si l’écart salarial dépasse la limite autorisée, l’entreprise devra régulariser la situation. Pour faciliter cette transparence, certaines entreprises prévoient de communiquer annuellement aux salariés leur catégorie de poste, la fourchette salariale et leur position exacte dans cette fourchette. Cette démarche s’appliquera également lors des recrutements, avec des indications précises sur les perspectives d’évolution salariale.
Si la directive est adoptée, les entreprises devront ajuster leurs pratiques pour respecter à la fois la transparence salariale et la protection des données privées. Pour l’instant, les modalités pratiques ne sont pas encore totalement définies, mais plusieurs sociétés se préparent déjà à ces changements.
La Belgique franchit ainsi une étape importante vers l’égalité professionnelle, tout en garantissant la confidentialité des informations individuelles.








