En janvier dernier, près de 50.000 chômeurs ont quitté le chômage avant d’atteindre la fin de leurs droits aux allocations. Une partie a trouvé un emploi salarié, mais beaucoup ont dû se tourner vers d’autres aides sociales. Que révèle cette tendance sur les effets de la réforme de l’assurance chômage ?
La réforme de l’assurance chômage, mise en place par la loi-programme de juillet dernier, a introduit des changements importants, notamment la limitation dans le temps des allocations. Son objectif principal est de favoriser le retour rapide à l’emploi en incitant les chômeurs à reprendre le travail avant que leurs droits aux allocations ne soient épuisés. En janvier, l’Office national de l’emploi (Onem) a observé que parmi les 65.182 personnes sorties du chômage, 47.520 l’ont fait avant la fin de leur droit aux allocations.
Ce chiffre illustre le nombre de personnes ayant quitté volontairement le système, sans attendre la fin de leur droit, soit une partie significative de la population concernée par la réforme.
Des retours à l’emploi, mais aussi des transferts vers d’autres aides outre que le chômage
La sortie du chômage a été marquée par des retours notables vers l’emploi salarié. Parmi les personnes ayant quitté le chômage avant la fin de leurs droits, 35% ont retrouvé un emploi salarié, ce qui représente 16.529 personnes. Ce taux est nettement plus élevé que celui observé chez ceux dont les droits ont expiré, où seulement 11% ont réussi à trouver un emploi (1.884 personnes). Ces résultats sont une bonne nouvelle pour la réforme, qui semble stimuler la réinsertion des chômeurs dans le marché du travail.
Toutefois, une partie significative des sortants a été orientée vers d’autres aides sociales, notamment le revenu d’intégration sociale. En janvier, 38,2% des personnes sorties du chômage ont intégré ce système d’aide, une aide destinée à soutenir ceux qui ne peuvent pas retrouver un emploi rapidement.
Des effets déjà observés en 2012
L’Onem note que ces résultats ne sont pas totalement nouveaux et rappellent les effets observés après la réforme des allocations d’insertion de 2012. Comme en 2012, il y a une augmentation des retours à l’emploi, mais aussi un nombre élevé de transferts vers d’autres aides sociales, telles que le revenu d’intégration et l’assurance maladie. La réforme semble donc fonctionner en partie en accélérant la réinsertion des chômeurs, mais ces derniers se tournent souvent vers des aides complémentaires lorsque l’emploi salarié reste difficile à atteindre.
L’Onem considère que les perspectives de retour à l’emploi devraient s’améliorer à moyen terme. La population la plus touchée par cette première vague de fins de droits est souvent celle qui est la plus éloignée du marché du travail, et la réinsertion reste donc un défi. Toutefois, l’augmentation des sorties vers l’emploi observée ce mois-ci pourrait signaler des tendances positives pour les mois à venir. L’Onem continue de surveiller les effets de cette réforme et espère que ces premiers résultats se confirmeront à plus grande échelle.








