Primes de nuit : allez-vous perdre jusqu’à 569 € par mois avec la nouvelle réforme ?

Une réforme en cours pourrait réduire de moitié les primes de nuit, avec des pertes de salaire allant jusqu’à 569 € pour certains salariés du secteur alimentaire.

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Primes de nuit : allez-vous perdre jusqu’à 569 € par mois avec la nouvelle réforme ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Une réforme en discussion pourrait sérieusement amputer les primes de nuit reçus par de nombreux de salariés. Une étude récente alerte sur les effets économiques et sociaux pour les travailleurs concernés.

La réforme à l’étude vise à réduire la période de travail de nuit reconnue pour le versement des primes spécifiques, en la limitant de minuit à 5 h, contre une plage actuelle allant de 20 h à 6 h. Résultat : les heures de travail situées en dehors de ce nouveau créneau ne donneraient plus droit à une rémunération majorée.

Selon une étude conjointe du syndicat ACV et du think tank Minerva, cette mesure pourrait se traduire par une perte mensuelle moyenne de 343 € bruts pour les travailleurs du secteur alimentaire. Chez Delhaize, certains salariés pourraient perdre jusqu’à 569 € par mois. Au total, 32 000 travailleurs de nuit et 140 000 travailleurs du soir seraient concernés. La perte collective est estimée à 25 millions d’euros mensuels.

Une réforme des primes de nuit pour alléger les charges des entreprises

Le gouvernement justifie cette réforme par la volonté de renforcer la compétitivité des entreprises, notamment dans l’industrie, face à la concurrence étrangère. Le coût du travail nocturne est jugé trop élevé par certains employeurs, ce qui freinerait le développement de certaines activités ou les pousserait à délocaliser la production.

Mais selon Olivier Malay, auteur de l’étude, la réforme ne garantit aucune efficacité économique. Elle pourrait, au contraire, démotiver les travailleurs et créer une injustice salariale, en particulier pour ceux dont la vie familiale ou sociale est déjà fragilisée par les horaires décalés.

Des pertes aussi pour l’État

L’étude pointe également un effet fiscal de la réforme. En réduisant les heures prises en compte pour les primes de nuit, les salaires bruts baissent, ce qui signifie aussi moins de cotisations sociales et d’impôts prélevés. La perte pour l’État est estimée à 18 millions d’euros par an.

En ciblant une réforme budgétairement modeste, le gouvernement pourrait ouvrir un front social majeur, sans certitude sur les gains attendus. Le débat reste ouvert, mais les chiffres avancés renforcent les inquiétudes des syndicats et des travailleurs concernés.

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