À partir de 2029, les travailleurs belges verront leur salaire net augmenter grâce à une série de mesures fiscales adoptées par le gouvernement. Ces ajustements visent à rendre le travail plus rémunérateur que l’inactivité, en particulier pour les revenus faibles et moyens.
L’objectif est clair : stimuler l’emploi et corriger les déséquilibres actuels du système fiscal. Si les simulations sont prometteuses, leur concrétisation reste suspendue aux évolutions politiques des prochaines années.
Un soutien ciblé aux bas et moyens revenus
L’un des principaux leviers de la réforme est l’augmentation de la quotité exemptée d’impôt, qui passerait de 10.910 euros à 15.300 euros d’ici 2029. Cette mesure permettrait à chaque travailleur de conserver une plus grande partie de son salaire brut, sans être imposé sur cette portion. Concrètement, une personne seule percevant 2.500 euros brut par mois bénéficierait d’un gain net de 119 euros mensuels.
En complément, le bonus à l’emploi – une réduction forfaitaire des cotisations sociales – sera renforcé, allégeant davantage la charge fiscale sur les salaires. La contribution spéciale pour la sécurité sociale (CSSS), instaurée en 1994, sera également réduite. Cette combinaison de mesures contribue à une augmentation globale du revenu net, avec un effet proportionnellement plus fort pour les salaires les plus modestes.
Le professeur Stijn Baert, spécialiste en économie du travail à l’université de Gand, qualifie les chiffres de la simulation de “plutôt positifs”. Selon lui, les incitants financiers ainsi créés pourraient encourager davantage de personnes inactives à entrer sur le marché du travail, relate 7sur7.be. Il estime qu’une hausse de 5 % du salaire net dans les bas revenus pourrait entraîner une progression de 2,5 % du taux d’activité dans cette catégorie.
Pour les couples, avec ou sans enfants, les hausses sont également notables. Par ailleurs, les travailleurs bénéficiant de chèques-repas verront leur avantage augmenter. Le montant maximal d’un chèque-repas passera de 8 à 10 euros à partir de janvier 2026. Sur la base de 20 jours ouvrables par mois, cela représente un gain supplémentaire de 40 euros, porté à 200 euros mensuels en chèques-repas.
Un transfert fiscal qui soulève des interrogations
Si cette réforme vise à réduire la fiscalité sur le travail, elle s’accompagne d’un transfert vers d’autres formes de revenus. L’imposition sur les plus-values et les revenus de la propriété, notamment les loyers réels, sera renforcée. Le gouvernement souhaite ainsi élargir l’assiette fiscale pour compenser la perte de recettes liée à la diminution de l’impôt sur le travail.
Stijn Baert met cependant en garde contre l’effet asymétrique de cette réforme. La taxation sur les plus-values interviendra rapidement, alors que les hausses de salaire net ne se feront sentir qu’à partir de 2029. Il souligne qu’entreprendre ou épargner deviendra moins attractif avant que le travail ne le devienne réellement plus.
Par ailleurs, la Belgique reste en queue de peloton au sein de l’OCDE en matière de coût du travail. Même avec cette réforme, environ 50 % des coûts salariaux continueront d’être prélevés par l’État, contre 53 % actuellement. Une amélioration marginale qui ne suffit pas, selon Baert, à faire de la Belgique un pays fiscalement compétitif pour les travailleurs.
De plus, le coût budgétaire de la réforme reste un point d’inquiétude. Le ministre des Finances Jan Jambon reconnaît que le budget de l’État n’est pas encore en équilibre. Baert qualifie cette baisse d’impôts de “chèque sans provision”, craignant que si aucune économie compensatoire n’est trouvée, des hausses d’impôts supplémentaires puissent être envisagées. Il recommande donc la prudence : les citoyens ne devraient pas compter trop tôt sur un revenu supplémentaire encore incertain.








