Une rumeur diffusée sur les réseaux sociaux affirme que la France s’apprêterait à instaurer une taxe calculée en fonction du nombre de kilomètres parcourus par les voitures électriques. L’information s’appuie notamment sur la baisse progressive des recettes fiscales liées aux carburants et sur l’exemple du Royaume-Uni, qui a effectivement décidé de mettre en place une fiscalité kilométrique pour les véhicules électriques.
Les publications partagées en ligne partent d’un constat réel : l’électrification progressive du parc automobile réduit à terme les volumes de carburants consommés et donc les recettes fiscales associées. En France, la TICPE, désormais intégrée à l’accise sur les produits énergétiques, reste une recette importante. Elle a représenté environ 30 milliards d’euros en 2023, soit 60 % des taxes environnementales et 81 % des taxes énergétiques.
Les documents budgétaires montrent toutefois que l’évolution des recettes est plus complexe que ne le laissent entendre les publications virales. Pour 2026, les recettes nettes de l’ex-TICPE affectées à l’État sont notamment évaluées à 16,839 milliards d’euros, contre 18,121 milliards en 2025 dans les données présentées par le Sénat. La baisse est liée notamment à des transferts de recettes et à la diminution tendancielle de la consommation de carburants.
Cette perspective nourrit effectivement une réflexion de long terme sur le financement de la fiscalité automobile. Mais elle ne signifie pas que le gouvernement français a décidé de remplacer la taxation des carburants par une taxe au kilomètre pour les voitures électriques.
Contacté par TF1 Info dans le cadre de cette vérification, Bercy dément fermement l’information selon laquelle une telle taxe serait actuellement envisagée en France. Les publications qui annoncent son instauration prochaine présentent donc comme une décision gouvernementale ce qui n’en est pas une.
Le Royaume-Uni a bien prévu une taxe au kilomètre dès 2028
La confusion vient notamment du Royaume-Uni, où le dispositif existe réellement. Le gouvernement britannique a confirmé en juillet 2026 les modalités de l’Electric Vehicle Excise Duty (eVED), une nouvelle taxe kilométrique qui entrera en vigueur le 1er avril 2028. Elle concernera les voitures électriques à batterie, les hybrides rechargeables et les véhicules à hydrogène.
Pour le Royaume-Uni, l’objectif est clairement budgétaire : compenser à long terme une partie des recettes de la taxe sur les carburants qui diminueront avec la progression des véhicules électriques. Le dispositif devrait ainsi rapporter environ 1,1 milliard de livres en 2028-2029, 1,435 milliard en 2029-2030 et 1,865 milliard en 2030-2031, selon les chiffrages officiels.
En France, aucune mesure équivalente n’est actuellement programmée. La baisse future des recettes liées aux carburants constitue bien un enjeu budgétaire identifié, mais elle ne permet pas d’affirmer qu’une taxe kilométrique sur les voitures électriques sera instaurée. La rumeur française s’appuie donc sur un problème budgétaire réel et sur une décision britannique bien réelle, mais elle transforme ces éléments en une annonce qui n’existe pas à ce jour.








