Les Suisses continuent à bouder les États-Unis malgré la baisse flagrante des prix des billets d’avion

Swiss propose des vols américains à prix cassés, mais la demande reste faible en raison de l’impact des politiques américaines et de la réticence des voyageurs suisses.

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États-Unis
Les Suisses continuent à bouder les États-Unis malgré la baisse flagrante des prix des billets d'avion : Crédit : Billet.flights | Econostrum.info - Suisse

Après une saison estivale marquée par une baisse significative de la demande pour les vols vers les États-Unis, Swiss fait face à une situation difficile. En raison de la diminution continue de l’intérêt des voyageurs suisses, la compagnie aérienne tente de relancer ses réservations avec des tarifs très compétitifs pour la période automnale. 

Cependant, malgré des prix particulièrement attractifs, l’impact de cette stratégie semble limité. La situation pourrait avoir des implications durables pour l’industrie du voyage, alors que l’écho des décisions politiques américaines se fait toujours entendre.

L’impact des politiques américaines sur la demande de voyages

Depuis l’élection de Donald Trump et l’instauration de nouvelles restrictions douanières, les voyageurs suisses se montrent plus réticents à traverser l’Atlantique. En particulier, la période estivale a enregistré un nombre de vacanciers bien inférieur à celui des années précédentes. Même avec un dollar américain au plus bas, à seulement 80 centimes, une partie importante de la population suisse préfère désormais se tourner vers d’autres destinations, loin de l’hostilité perçue de la politique américaine.

Les voyagistes suisses, tels qu’Hotelplan et Kuoni, ont observé une chute significative des réservations pour les États-Unis. Hotelplan évoque une « retenue dans les nouvelles réservations » pour l’automne 2024, tandis que Dertour chiffre le recul à environ 10% pour les trois derniers mois. Selon un sondage mené par Blick auprès des principaux voyagistes, la tendance s’avère claire : les Suisses souhaitent de moins en moins se rendre aux États-Unis. Une large part des citoyens suisses semble également répondre indirectement aux décisions politiques américaines, notamment celles de Trump, par un boycott des voyages vers les États-Unis.

La réaction de Swiss : une stratégie tarifaire agressive

Face à cette baisse continue de la demande, Swiss, la filiale de Lufthansa, a pris des mesures pour tenter de remplir ses avions à travers l’Atlantique. La compagnie aérienne a annoncé une série de promotions pour les vols vers les grandes métropoles américaines pendant les vacances d’automne, avec des prix qui peuvent descendre sous les 400 francs suisses pour un aller-retour. À titre d’exemple, un vol pour New York coûte actuellement 398 francs, tandis que Washington D.C. et Boston sont accessibles à des tarifs respectivement de 395 et 393 francs. Les voyageurs souhaitant se rendre sur la côte ouest des États-Unis peuvent bénéficier de tarifs aussi compétitifs, comme un vol pour San Francisco à 401 francs, ou encore Los Angeles à 465 francs.

Cependant, malgré cette politique de prix cassés, la situation reste préoccupante pour la compagnie. Selon Silvia Exer-Kuhn, porte-parole de Swiss, les réservations pour le deuxième semestre sont « légèrement inférieures » à celles de l’année précédente, en particulier pour les classes économiques. La demande pour les vols d’affaires est restée stable, mais les réservations touristiques continuent de chuter. Cela souligne l’ampleur de la crise pour Swiss, qui doit lutter contre un affaiblissement continu de l’intérêt touristique pour les États-Unis.

La compagnie précise que cette baisse des prix n’est pas réellement une réduction tarifaire volontaire, mais plutôt une conséquence de l’offre et de la demande, avec des billets moins chers disponibles plus longtemps, car ces offres n’ont pas encore trouvé preneur. En d’autres termes, bien que Swiss offre des prix compétitifs, la réalité du marché est que l’offre excède encore la demande, rendant ces promotions nécessaires pour éviter une situation où les avions voleraient à moitié vides.

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