L’économie suisse devrait avancer un peu moins vite que prévu. Raiffeisen a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027, dans un contexte international toujours tendu.
La banque pointe notamment les effets du conflit au Moyen-Orient, qui pèse sur la demande mondiale et maintient les prix de l’énergie à un niveau élevé. Un signal de prudence supplémentaire pour une économie suisse encore solide, mais de plus en plus exposée aux secousses venues de l’étranger.
Une croissance suisse légèrement revue à la baisse
Les économistes de Raiffeisen tablent désormais sur une progression du PIB suisse de 0,8% en 2026, puis de 1,3% en 2027. Ces prévisions, ajustées des événements sportifs, sont inférieures de 0,1 point à celles publiées début mai.
La correction reste limitée, mais elle confirme un climat économique plus fragile. La Suisse devrait malgré tout mieux résister que la zone euro, attendue à 0,6%, et que le Japon, prévu à 0,2%. Elle resterait en revanche loin derrière les États-Unis, avec une croissance estimée à 1,9%, et surtout la Chine, attendue à 4,0%.
Selon le rapport de Raiffeisen repris par allanews, le conflit au Moyen-Orient ralentit la demande mondiale et repousse la reprise espérée dans l’industrie européenne. Cette faiblesse extérieure touche directement la Suisse, dont l’économie dépend largement de ses exportations et de la santé de ses partenaires commerciaux.
Le marché de l’emploi pourrait également en ressentir les effets. Les perspectives restent jugées moroses par les économistes de la banque, qui anticipent une légère hausse du chômage.
L’inflation remonte, mais reste sous contrôle
Raiffeisen revoit aussi ses attentes d’inflation à la hausse. La progression des prix à la consommation est désormais attendue à 0,7% en 2026, puis à 0,9% en 2027.
Cette hausse reste toutefois contenue. Les économistes rappellent que l’énergie pèse moins lourd dans le panier de consommation suisse que dans d’autres pays. Résultat, même avec des prix de l’énergie durablement élevés, l’impact sur l’inflation reste plus modéré.
La situation diffère aussi de celle observée en 2022, après le début de la guerre en Ukraine. Cette fois, les risques de fortes tensions généralisées sur l’approvisionnement semblent plus limités. La demande plus faible et un marché du travail moins dynamique réduisent également le risque d’une spirale inflationniste.
En mai, l’inflation suisse s’est établie à 0,6% sur un an, comme en avril, mais deux fois plus qu’en mars, où elle atteignait 0,3%. Elle reste néanmoins dans la fourchette de 0 à 2% visée par la Banque nationale suisse.
Selon les informations rapportés par la Tribune de Genève, Raiffeisen ne prévoit pas de choc inflationniste majeur pour l’instant. Mais la banque confirme que l’économie suisse entre dans une période plus prudente, entre croissance ralentie, industrie européenne en attente de reprise et tensions géopolitiques persistantes.








