Près de 5 milliards de francs de coûts supplémentaires à cause du Moyen-Orient, et c’est aux Suisses de payer les pots cassés

Le conflit au Moyen-Orient impacte lourdement les prix de l’énergie en Suisse. Les consommateurs sont déjà confrontés à des hausses de coûts significatives.

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Près de 5 milliards de francs de coûts supplémentaires à cause du Moyen-Orient, et c'est aux Suisses de payer les pots cassés : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le conflit au Moyen-Orient continue de déstabiliser l’économie mondiale, et la Suisse ne reste pas indifférente à cette crise. Avec l’envolée des prix de l’énergie, les coûts des carburants et des combustibles fossiles ont atteint de nouveaux sommets, impactant directement les ménages suisses. 

Si l’approvisionnement énergétique du pays semble encore sécurisé, les effets de cette crise sur le porte-monnaie des consommateurs sont déjà bien visibles. Les coûts supplémentaires, estimés à près de 5 milliards de francs, pèsent lourdement sur le budget des foyers, renforçant ainsi l’inquiétude face à une inflation déjà croissante.

Une facture énergétique qui explose

Depuis mars 2026, les Suisses ont vu leur budget mensuel fondre à vue d’œil. Le diesel a franchi la barre des 2 francs le litre, un prix qu’on n’avait pas observé depuis 2022, pendant la guerre en Ukraine. L’essence, elle aussi, a connu une hausse de plus de 20 centimes en quelques semaines, ce qui commence à se sentir dans les portefeuilles. Mais le vrai choc réside dans les prix du kérosène et du mazout, qui ont explosé. Le prix du kérosène a doublé, et celui du mazout est passé de 100 à 150 francs pour 100 litres.

Si ces prix se maintiennent toute l’année, le coût supplémentaire pour les consommateurs suisses pourrait grimper à près de 5 milliards de francs, soit 1200 francs par ménage, écrit l’expert Cyril Brunner de l’École polytechnique fédérale de Zurich sur son profil LinkedIn . Bien que ce montant reste plus modéré qu’en Europe, il n’en reste pas moins un fardeau pour les foyers suisses. Sur ces 4,9 milliards de francs, près de 4,3 milliards partiraient à l’étranger, alimentant les multinationales du pétrole et du gaz, rapporte Swissinfo. Autrement dit, une part significative de l’argent des Suisses alimente les producteurs de combustibles fossiles à l’échelle mondiale.

Ce choc énergétique frappe en particulier les foyers les plus modestes, qui voient leurs habitudes changer. En Suisse, où les coûts de l’énergie pèsent généralement moins sur le budget que dans d’autres pays européens, l’augmentation des prix a déjà des conséquences sur la mobilité. Avec les prix de l’essence qui dépassent les 2 francs, on assiste à une augmentation du covoiturage et à un recours accru aux transports publics, notamment pour les trajets courts.

Un point faible face à la crise

Malgré ses efforts pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles, la Suisse reste fortement exposée aux chocs énergétiques mondiaux. Le pays importe la totalité de son pétrole et de son gaz naturel, ce qui le rend vulnérable aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux. En 2026, plus de la moitié des besoins énergétiques de la Suisse sont couverts par ces combustibles fossiles, ce qui expose le pays aux crises géopolitiques comme celle du Moyen-Orient.

La dépendance énergétique de la Suisse s’avère être une faiblesse en période de crise. Bien que le pays soit relativement épargné par des pénuries de carburant, les hausses de prix viennent frapper de plein fouet les consommateurs et freiner l’économie. Les économistes de l’institut BAK Economics estiment que l’inflation en Suisse, qui était attendue à 0,3% en 2026, pourrait grimper à 0,6%. Bien que ce chiffre soit modéré par rapport aux autres pays européens, il reste significatif, surtout lorsque l’on considère l’ampleur des hausses de prix des combustibles.

En parallèle, la guerre au Moyen-Orient commence à freiner la croissance économique du pays. Le produit intérieur brut (PIB) suisse devrait croître de seulement 0,8% en 2026, soit une légère baisse par rapport aux prévisions initiales. Les économistes avertissent que si cette crise se prolonge, elle pourrait affecter davantage la croissance économique et la stabilité du marché suisse.

Pourtant, la dépendance aux combustibles fossiles n’est pas une fatalité. L’accélération de la transition énergétique vers des sources d’énergie renouvelables pourrait permettre à la Suisse de se protéger contre de futures crises. Le pays commence à investir davantage dans l’énergie solaire et éolienne, mais le chemin reste semé d’embûches, et l’équilibre énergétique suisse est encore largement tributaire des combustibles fossiles importés.

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