Après plusieurs années marquées par des tensions sur les prix de l’énergie, les ménages suisses pourraient enfin profiter d’un nouveau répit. Les tarifs d’électricité devraient encore baisser en 2027, selon un sondage mené par l’Association des entreprises électriques suisses. Une tendance qui confirme l’amélioration progressive des conditions sur le marché.
D’après l’AES, cette diminution s’explique notamment par des stratégies d’approvisionnement plus stables et par le recul des prix sur les marchés de gros. Les fournisseurs d’électricité sont de plus en plus nombreux à acheter leur énergie plusieurs années à l’avance, ce qui permet d’amortir les chocs liés aux tensions internationales.
Des prix en baisse pour les ménages et les entreprises
Selon l’enquête de l’AES, 75 compagnies énergétiques ont participé au sondage. Parmi les 35 fournisseurs ayant déjà transmis des chiffres concrets, les tarifs destinés aux ménages privés devraient baisser en moyenne de 3 à 6% en 2027.
Les clients professionnels pourraient, eux aussi, profiter d’un recul. Pour cette catégorie, la baisse annoncée se situe entre 4 et 7%. Une nouvelle bienvenue pour les entreprises, qui surveillent de près leurs coûts énergétiques depuis la flambée observée ces dernières années.
Même si ces chiffres restent provisoires, ils donnent déjà une indication claire : la tendance est à la détente. Les quelque 580 fournisseurs d’électricité actifs en Suisse doivent encore fixer leurs tarifs définitifs d’ici la fin du mois d’août.
L’approvisionnement à long terme stabilise les prix
L’un des facteurs importants de cette baisse vient de la manière dont les fournisseurs achètent leur électricité. Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’électricité, davantage d’entreprises d’approvisionnement se tournent vers le marché à long terme.
Concrètement, elles achètent une partie importante de leur électricité deux à trois ans à l’avance. Cette stratégie permet d’éviter une trop forte dépendance aux prix du moment, souvent plus sensibles aux crises, aux conflits ou aux brusques variations de la demande.
À l’inverse, l’approvisionnement à court terme joue désormais un rôle moins important. Pour les consommateurs, cette évolution peut avoir un effet stabilisateur sur les factures. Même lorsque les marchés connaissent des secousses, les tarifs appliqués aux ménages ne réagissent pas immédiatement.
Les tensions géopolitiques ont eu un impact limité
L’AES souligne que la guerre au Moyen-Orient, et notamment la hausse des prix observée depuis le début de la guerre en Iran, n’a pour l’instant pas eu d’incidence directe sur les tarifs annoncés. Les achats anticipés et les stratégies d’approvisionnement à long terme ont permis de limiter les effets de ces tensions.
Cette situation montre à quel point la structure du marché joue un rôle essentiel. Une crise internationale peut faire grimper les prix à court terme, mais son impact sur les factures dépend aussi du moment où les fournisseurs ont acheté leur électricité.
Pour les ménages suisses, cela signifie que les hausses observées sur les marchés ne se traduisent pas toujours immédiatement par une hausse des tarifs. En 2027, la tendance devrait même rester favorable, à condition que les conditions d’approvisionnement ne se détériorent pas fortement dans les prochains mois.
Les tarifs définitifs attendus début septembre
Les chiffres annoncés par l’AES ne sont pas encore les tarifs officiels. Les fournisseurs d’électricité doivent finaliser leurs prix pour 2027 d’ici la fin août. La Commission fédérale de l’électricité, l’ElCom, publiera ensuite les tarifs définitifs au début du mois de septembre.
C’est à ce moment-là que les ménages sauront précisément quelle baisse s’appliquera dans leur commune. En Suisse, les tarifs peuvent varier fortement selon les régions, les fournisseurs, les réseaux et les coûts d’approvisionnement.
Mais la tendance générale se dessine déjà. Après une première détente, les consommateurs devraient bénéficier d’une nouvelle baisse en 2027. Dans un contexte où de nombreux postes de dépenses restent élevés, cette évolution pourrait apporter un peu d’air aux budgets des ménages comme à ceux des entreprises.








