Trouver un logement sur l’Arc lémanique devient un véritable défi pour de nombreux étudiants et jeunes actifs. Face aux loyers élevés et au manque d’offres disponibles, certains sont désormais prêts à traverser la frontière pour se loger.
À Évian-les-Bains, un hôtel propose une formule étonnante avec des studios meublés accessibles au mois. Une solution temporaire qui attire déjà des candidats suisses, mais qui relance aussi le débat sur la crise du logement.
Des studios à 900 euros pour attirer les candidats sans logement
Trouver un appartement autour du Léman est devenu un véritable parcours du combattant pour de nombreux étudiants et jeunes travailleurs. La pénurie de logements pousse certains candidats à élargir leur recherche jusqu’à la rive française du lac.
Depuis mai, le Côté Lac Hostel à Évian-les-Bains propose ainsi 19 studios meublés de 36 m² destinés aux personnes à la recherche d’une solution temporaire. Chaque logement dispose d’une kitchenette et d’une salle de bains privative, avec une capacité pouvant aller jusqu’à quatre personnes.
Le tarif annoncé est de 900 euros par mois, charges comprises. La formule se distingue d’une location classique : aucun bail ni garant ne sont demandés, avec un simple paiement mensuel et un préavis réduit selon la durée du séjour.
«Le but, c’est de les louer pour des longs séjours afin de remplir l’établissement en hiver», explique Fabien Noël, directeur du Côté Lac Hostel, cité par 20Minutes.
L’établissement cible notamment la clientèle suisse. Des écoles romandes ont été contactées et l’EPFL a relayé l’annonce auprès de ses étudiants. Plusieurs réservations sont déjà enregistrées pour la rentrée de septembre.
Une solution pratique, mais qui ne règle pas la crise du logement
Les profils intéressés sont variés : étudiants qui ne trouvent pas de logement en Suisse, salariés en période d’essai, personnes en transition après une séparation ou travailleurs ayant besoin d’un hébergement provisoire.
L’emplacement représente également un argument important. L’hôtel se situe à proximité de l’embarcadère d’Évian, avec une liaison en bateau permettant de rejoindre Ouchy en environ 35 minutes.
Mais l’offre reste limitée dans le temps. Les studios ne constituent pas un véritable logement résidentiel. Les occupants peuvent recevoir du courrier, mais ne peuvent pas y établir leur résidence principale.
Pour Benoît Gaillard, conseiller national socialiste vaudois et membre du comité de l’Asloca, cette solution représente seulement un dépannage. «Un sparadrap» face à une crise plus profonde, estime-t-il, rappelant que le besoin principal reste la construction de logements abordables près des lieux d’études et d’emploi.
Il souligne également la fragilité du dispositif, les conditions générales permettant notamment à l’établissement de mettre fin au séjour rapidement en cas de nécessité liée à l’exploitation.
La pénurie de logements continue de pousser les habitants toujours plus loin
Pour la Chambre vaudoise immobilière, l’initiative d’Évian illustre surtout l’ampleur de la pénurie sur l’Arc lémanique.
Son directeur Olivier Feller estime que le problème vient notamment des difficultés à construire suffisamment de logements. Il pointe des procédures longues et complexes ainsi qu’un cadre réglementaire qui ralentirait la création de nouvelles habitations.
Selon lui, seule une augmentation durable de l’offre permettra d’éviter que les étudiants et les actifs soient contraints de s’éloigner toujours davantage de leur lieu de formation ou de travail.
L’hôtel d’Évian apporte donc une réponse immédiate à certains candidats, mais il révèle surtout une tendance de fond. Face au manque de logements accessibles, de plus en plus de personnes regardent désormais de l’autre côté de la frontière.








