300 francs la semaine à Zermatt ? Ce privilège suisse vient de disparaître 

Pendant des décennies, les douaniers suisses ont profité d’un avantage aussi discret qu’enviable dans certaines des stations les plus courues du pays. Ce privilège appartient désormais au passé, et la Confédération espère tirer plusieurs millions de la vente de ce patrimoine.

Publié le
Lecture : 3 min
franc
300 francs la semaine à Zermatt ? Ce privilège suisse vient de disparaître : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Pendant des décennies, les douaniers suisses pouvaient partir en vacances dans certaines des stations les plus prestigieuses du pays pour quelques centaines de francs par semaine. Ce privilège appartient désormais au passé puisque la Caisse de prévoyance du personnel des douanes a cessé d’exploiter ses résidences à la fin de 2025. 

Des dizaines de logements répartis dans plusieurs cantons sont progressivement vendus. L’opération pourrait rapporter environ 24,5 millions de francs.

Des vacances à 300 ou 500 francs la semaine

Adelboden, Engelberg, Grindelwald, Pontresina, Verbier ou encore Zermatt : la liste des destinations avait de quoi faire rêver.

Dans ces stations touristiques très recherchées, la Caisse de prévoyance du personnel des douanes possédait des logements destinés aux employés et à leurs familles. Les tarifs étaient particulièrement avantageux puisque d’anciens articles de presse évoquaient des loyers compris entre 300 et 500 francs pour une semaine.

Mais depuis cet été, ce système n’existe plus. L’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières confirme que l’exploitation des résidences a été totalement interrompue à la fin de l’année 2025, selon des informations relatées par Blick.

La décision s’inscrit dans la volonté du Conseil fédéral de réaliser des économies. Les autorités considèrent également qu’à moyen terme, l’exploitation de ces biens ne permettrait plus de couvrir suffisamment leurs coûts.

Les propriétés sont donc mises en vente progressivement. Des logements ont déjà trouvé preneur dans 15 localités, notamment à Pura au Tessin, Loèche-les-Bains en Valais, Wildhaus à Saint-Gall, Samedan dans les Grisons, Schwarzsee à Fribourg ou encore Sainte-Croix dans le canton de Vaud.

Deux propriétés situées dans les Grisons seraient encore dans la phase finale du processus de vente.

Près de 25 millions de francs attendus

L’administration des douanes ne précise pas aujourd’hui combien d’appartements étaient exactement concernés par ce patrimoine immobilier. De précédentes informations faisaient toutefois état de 52 logements proposés aux employés. La vente de l’ensemble des biens devrait rapporter environ 24,5 millions de francs.

Ces résidences avaient une origine particulière. La Caisse de prévoyance du personnel des douanes existe depuis plusieurs décennies et avait notamment pour vocation de soutenir les gardes-frontières confrontés à des difficultés financières.

L’un des objectifs historiques était aussi d’éviter qu’un douanier en difficulté économique ne devienne plus vulnérable à des tentatives de corruption.

Les logements de vacances ne constituaient qu’une partie des prestations offertes. La caisse peut également accorder des prêts pour certains frais médicaux ou apporter une aide financière à la formation des enfants.

La suppression des appartements de vacances ne sort d’ailleurs pas de nulle part. Dès 2018, l’administration fédérale réfléchissait déjà à leur vente. Le Conseil fédéral estimait alors que proposer des logements touristiques aux employés ne faisait pas partie des missions principales de l’administration des douanes. Il pointait également un taux d’occupation et une qualité jugés moyens.

Des ventes qui avaient déjà fait polémique

Le projet avait cependant rencontré des résistances politiques. La conseillère nationale socialiste Barbara Gysi avait notamment contesté l’intérêt de vendre ces biens, soulignant qu’ils ne représentaient pas une charge directe pour les finances fédérales.

L’administration des douanes confirme aujourd’hui que la Confédération n’a effectivement pas dû financer leur exploitation. Les loyers perçus et les avoirs de la caisse de prévoyance permettaient de couvrir les dépenses.

Malgré cela, la liquidation du patrimoine immobilier a finalement été poursuivie. Et les résidences de vacances ne sont pas les seuls bâtiments concernés. Les douanes vendent également d’anciens logements de fonction et plusieurs postes devenus inutiles.

Deux anciens postes douaniers sont actuellement proposés sur le marché au Tessin. À Saint-Gingolph, en Valais, deux appartements appartenant aux douanes sont également à vendre à quelques mètres de la frontière française et avec vue sur le Léman.

Le prix demandé donne une idée du potentiel de certains de ces biens : un appartement de 4,5 pièces y est proposé à 2,1 millions de francs.

Entre les résidences situées dans les grandes stations alpines et les anciens bâtiments douaniers, la Confédération tourne ainsi progressivement la page d’un patrimoine immobilier longtemps réservé à son personnel.

Laisser un commentaire

Share to...