Le marché immobilier suisse repart nettement à la hausse après un printemps plus calme. Les appartements en copropriété comme les maisons individuelles atteignent désormais de nouveaux sommets, portés par des conditions de financement particulièrement avantageuses.
La faiblesse des taux pousse davantage de locataires à envisager l’achat, tandis que l’offre reste limitée dans plusieurs régions. Les hypothèques Saron profitent particulièrement de ce contexte et séduisent une part croissante des nouveaux propriétaires.
Les maisons individuelles bondissent de 3,7 %
Selon la dernière analyse de MoneyPark, les prix des appartements en copropriété ont progressé en moyenne de 2,4 % depuis le début de l’année. La hausse est encore plus marquée pour les maisons individuelles, qui affichent une progression de 3,7 %.
Cette nouvelle accélération intervient alors que le marché avait connu une évolution plus modérée au printemps. Pour MoneyPark, le faible niveau des taux d’intérêt constitue actuellement le principal moteur de la demande.
Lukas Vogt, directeur général de MoneyPark, estime que l’accession à la propriété est actuellement nettement plus avantageuse financièrement que la location pour de nombreux ménages. Une situation qui encourage certains locataires disposant des fonds nécessaires à franchir le pas.
Le phénomène est particulièrement marqué en Suisse alémanique. Outre les conditions de financement favorables, la rareté des biens disponibles accentue la pression sur les prix.
La construction ne permet pas encore de détendre réellement le marché. Si les permis concernant les logements locatifs repartent à la hausse, les projets d’appartements en propriété et de maisons individuelles restent beaucoup plus limités.
Les hypothèques Saron séduisent de plus en plus d’acheteurs
Les faibles taux renforcent également l’attrait des hypothèques Saron, dont le coût évolue avec le marché monétaire.
Actuellement, leur taux se situe légèrement au-dessus de 1 %. Pour une hypothèque d’un million de francs, les intérêts représentent ainsi environ 10’000 francs par an. Ce niveau explique pourquoi ce type de financement attire davantage d’acquéreurs.
Au premier semestre 2026, environ un nouvel emprunteur sur quatre a choisi une hypothèque Saron, soit une progression proche de 10 % par rapport au deuxième semestre 2025.
En Suisse alémanique, la proportion dépasse même 40 % chez les primo-accédants. Ces produits restent cependant plus risqués qu’une hypothèque à taux fixe puisque leur coût peut rapidement augmenter en cas de remontée des taux.
Les hypothèques fixes conservent d’ailleurs la préférence d’une grande partie des clients. Les contrats à dix ans représentent 38 % des financements conclus.
Au premier semestre, le taux moyen d’une hypothèque fixe se situait à 1,48 % auprès des caisses de pension et à 1,50 % chez les assureurs en Suisse alémanique. Les banques affichaient un taux légèrement supérieur, à 1,54 %.
Jusqu’à 37’500 francs d’écart selon le prêteur
Le choix du prestataire reste déterminant pour le coût final d’un financement immobilier. Malgré des taux globalement bas, les écarts entre les offres disponibles peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers de francs.
Pour une hypothèque fixe à dix ans, la différence entre les prestataires les moins chers et les plus coûteux atteint environ 0,5 point de pourcentage. Sur un emprunt de 750’000 francs, cela correspond à quelque 37’500 francs sur toute la durée du contrat.
MoneyPark constate pourtant que la concurrence entre les établissements reste relativement modérée. Les marges sur les hypothèques Saron avoisinent actuellement 1 %, contre seulement 0,6 à 0,8 % autour du retournement des taux de l’été 2022.
Un autre changement commence parallèlement à se dessiner. Le montant moyen des hypothèques refinancées a reculé de 5 % en un an.
MoneyPark y voit notamment une anticipation de la suppression de la valeur locative prévue pour le 1er janvier 2029. Avec cette réforme, les propriétaires ne pourront plus déduire leurs intérêts hypothécaires de leurs impôts, ce qui pourrait inciter certains ménages à réduire plus rapidement leur dette.
Malgré cette évolution, la combinaison de taux bas et d’une offre limitée devrait continuer de soutenir les prix de l’immobilier résidentiel suisse. Pour les candidats à l’achat, le financement devient donc plus avantageux, mais le prix d’entrée sur le marché continue, lui, de grimper.








