Retraite suisse : le piège du capital qui pourrait coûter cher à certains assurés

De plus en plus de Suisses choisissent de retirer leur épargne du deuxième pilier sous forme de capital plutôt que de percevoir une rente à vie. Mais derrière cette liberté financière apparente se cache un risque.

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Retraite suisse : le piège du capital qui pourrait coûter cher à certains assurés : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Beaucoup d’actifs pensent maîtriser les règles de la prévoyance alors que leurs connaissances réelles sont parfois limitées. Une nouvelle étude de la Haute École de Lucerne révèle un décalage important entre la confiance des Suisses dans leurs compétences financières et leurs véritables connaissances. 

Selon les questions posées, entre 13% et 52% des personnes interrogées donnent une réponse incorrecte tout en pensant connaître la réponse. Un phénomène qui pourrait avoir des conséquences importantes au moment de la retraite, lorsque les choix effectués peuvent influencer durablement le niveau de vie.

Le capital séduit de plus en plus les futurs retraités

Depuis plusieurs années, davantage d’actifs privilégient le retrait en capital de leur caisse de pension plutôt qu’une rente versée chaque mois jusqu’à la fin de leur vie.

Plusieurs raisons expliquent ce changement. La baisse progressive des taux de conversion du deuxième pilier a rendu les rentes moins attractives pour certains assurés. À cela s’ajoute une forte communication de certains acteurs financiers, qui peuvent avoir intérêt à récupérer ces montants afin de les placer dans d’autres produits d’investissement.

Pourtant, selon l’étude de la Haute École de Lucerne, l’objectif principal des personnes interrogées n’est pas forcément de devenir investisseurs indépendants. Beaucoup recherchent surtout davantage de flexibilité financière.

«Plus de la moitié de la population active actuelle veut combiner pensions de retraite et versement forfaitaire dans le but de bénéficier d’une plus grande flexibilité financière», explique Yvonne Seiler, autrice de l’étude, citée par la RTS.

Le problème apparaît lorsque le capital retiré est ensuite mal investi ou mal géré. Contrairement aux caisses de pension, les particuliers doivent alors assumer seuls les risques liés aux marchés financiers.

Une confiance qui dépasse les connaissances réelles

L’étude montre que de nombreux Suisses évaluent trop positivement leurs compétences en matière de prévoyance.

Les chercheurs ont notamment posé des questions sur différents aspects de la retraite, comme les possibilités de cotisations volontaires ou les stratégies d’investissement. Une partie importante des participants a préféré répondre plutôt que d’admettre son manque de connaissances.

Selon les questions, 13% à 52% des personnes interrogées se trompent tout en pensant maîtriser le sujet.

Pour Yvonne Seiler, cette situation représente un danger. Les personnes qui pensent déjà tout savoir sont moins susceptibles de demander des conseils ou de chercher des informations supplémentaires.

Or, gérer correctement un capital de retraite demande des connaissances en investissement, en fiscalité et en planification financière sur le long terme.

Vers une retraite plus flexible ?

Face à ces difficultés, certains spécialistes plaident pour de nouveaux modèles de retraite permettant aux assurés d’avoir davantage de choix.

L’idée serait notamment de proposer des formules intermédiaires entre rente classique et retrait total du capital, avec davantage de possibilités pour adapter les revenus ou transmettre une partie du patrimoine aux héritiers.

Cette demande semble largement partagée. 83% des personnes interrogées souhaitent que les caisses de retraite proposent différents modèles de pension.

L’étude montre également qu’une partie des actifs pourrait renoncer au versement unique de leur capital si des alternatives plus flexibles existaient.

Le débat sur l’avenir de la prévoyance suisse ne porte donc plus seulement sur le montant des retraites, mais aussi sur la manière dont les assurés souhaitent gérer leur argent après leur départ de la vie professionnelle.

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