Amende annulée: Cette erreur reconnue dans les contrôles des transports publics pourrait concerner plus de voyageurs que prévu

Une erreur reconnue par les TL relance le débat sur les amendes et les contrôles dans les transports publics en Suisse.

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Transport
Amende annulée: Cette erreur reconnue dans les contrôles des transports publics pourrait concerner plus de voyageurs que prévu : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

Dans les transports publics suisses, les règles tarifaires reposent sur un principe simple en apparence: le voyageur doit être muni d’un titre valable avant le départ effectif du véhicule. Avec les billets numériques et les systèmes de validation automatisés, cette exigence est devenue extrêmement précise, au point que quelques secondes peuvent désormais faire la différence entre un trajet conforme et une sanction financière. 

Cette rigueur est généralement présentée comme une garantie d’équité entre les usagers et un outil de lutte contre la fraude. Mais lorsqu’une erreur provient du contrôle lui-même et non du passager, la question de la fiabilité des procédures prend une autre dimension.

Une amende de 225 francs annulée après une erreur dans le contrôle du trajet

L’affaire qui relance aujourd’hui le débat concerne un contrôle effectué dans le métro M2 à Lausanne. Kyril Gossweiler, un Vaudois de 65 ans, avait reçu une amende de 225 francs après avoir été contrôlé alors qu’il utilisait le système EasyRide. Selon les agents présents, son billet avait été activé quelques secondes après le départ de la rame, ce qui rendait le titre non valable au regard du règlement.

Le voyageur contestait pourtant cette interprétation. Il affirmait avoir activé son billet dans les délais et estimait que le contrôle ne reflétait pas correctement la chronologie réelle du trajet.

Après plusieurs démarches et contestations successives, les Transports publics de la région lausannoise (TL) ont finalement annulé le constat d’infraction et reconnu que le titre de transport avait bien été activé avant le départ effectif.

L’histoire relayée par le média Blick ne s’est pourtant pas arrêtée là. Souhaitant comprendre l’origine de cette erreur, Kyril Gossweiler a sollicité des explications auprès d’Alain Barbey, président du conseil d’administration des TL, nommé par le Conseil d’État vaudois.

Dans une réponse écrite datée du 12 mai, l’entreprise détaille ce qui s’est produit. Les TL expliquent que les appareils utilisés lors des contrôles doivent être ajustés au moment exact du départ du véhicule concerné. Dans ce dossier précis, leur analyse interne a montré que cette opération avait été réalisée au mauvais moment.

L’heure prise comme référence correspondait à l’arrivée de la rame et non à son départ, contrairement à la procédure prévue. Cette différence peut sembler minime mais elle devient déterminante sur des trajets très courts comme celui reliant Flon à Lausanne-Gare, où tout peut se jouer en quelques dizaines de secondes.

Dans ce contexte, le moment enregistré par le système ne constitue pas un simple détail technique, il détermine directement si le voyageur est considéré en règle ou non.

Les TL indiquent regretter cette erreur et avoir rappelé les procédures à leurs équipes afin d’éviter qu’une situation comparable ne se reproduise.

Cette affaire intervient alors qu’un autre cas avait récemment attiré l’attention. Une voyageuse lausannoise avait été sanctionnée à hauteur de 250 francs alors qu’une borne des TL était hors service dans son bus.

Des contrôles à la seconde près qui alimentent les questions sur les procédures internes

Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève des interrogations plus larges sur le fonctionnement des contrôles et sur la manière dont les recours sont traités.

Pour Kyril Gossweiler, le problème dépasse largement le cadre d’un incident isolé. Il s’interroge sur le niveau d’exigence imposé aux voyageurs alors que des erreurs peuvent également survenir au sein du processus de contrôle.

Le Vaudois estime qu’il existe un décalage lorsque l’usager doit respecter une validation au timing exact tandis qu’une confusion entre arrivée et départ peut intervenir lors d’un contrôle officiel.

Selon lui, le fait d’avoir dû multiplier les contestations avant d’obtenir gain de cause pose aussi une question de fonctionnement interne. Il souligne que les TL emploient une trentaine de Conseillers Clients Contrôleurs Terrain qui travaillent généralement en équipes d’au moins trois personnes et considère que son dossier interroge aussi la formation et les mécanismes de vérification.

Dans leur réponse officielle, les TL expliquent que chaque contestation suit un processus de réexamen structuré. Ce dispositif comprend l’extraction des données disponibles, une analyse détaillée des horodatages ainsi qu’une vérification de la chronologie complète des événements.

L’entreprise précise également qu’en cas de contradiction entre les déclarations des agents et les données techniques, ces dernières servent de référence. Elle ajoute qu’en l’absence d’éléments suffisamment fiables pour conclure, le doute est interprété en faveur de la clientèle.

Autre information notable, les TL indiquent que des situations comparables ont déjà été traitées selon ce principe. Lorsqu’une divergence entre le constat d’infraction et les données d’exploitation a été identifiée, les sanctions ont été annulées et les montants remboursés lorsque cela s’appliquait.

Cette précision ouvre néanmoins une question qui reste aujourd’hui sans réponse publique. Combien de voyageurs ont déjà été concernés par une erreur similaire? Combien ont été remboursés après réexamen? Et combien ont payé sans engager de recours ou sans savoir qu’une contestation restait possible?

À mesure que les contrôles reposent davantage sur des systèmes numériques et des validations instantanées, la confiance des usagers dépend autant de la précision des règles que de la capacité à reconnaître et corriger les erreurs lorsqu’elles apparaissent.

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