Trump s’en prend encore à la Suisse et menace de couper les relations commerciales

Donald Trump remet la Suisse au cœur de son bras de fer sur les taux d’intérêt. Le président américain compare les conditions monétaires des deux pays et n’hésite plus à brandir la menace commerciale pour appuyer sa position.

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Trump s’en prend encore à la Suisse et menace de couper les relations commerciales : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

Donald Trump remet une nouvelle fois la Suisse au centre de son offensive pour obtenir une baisse des taux d’intérêt américains. Le président compare la politique monétaire helvétique à celle des États-Unis et estime que Washington devrait bénéficier de conditions au moins aussi favorables. 

Il va jusqu’à agiter la menace d’une rupture des échanges commerciaux avec la Suisse pour appuyer son raisonnement. Mais les chiffres qu’il avance sur le taux suisse ne correspondent plus à la situation actuelle.

Trump brandit à nouveau la menace commerciale

Le président américain reproche depuis plusieurs mois à la Réserve fédérale de maintenir ses taux à un niveau qu’il juge beaucoup trop élevé.

Pour défendre sa position, Donald Trump prend régulièrement la Suisse comme exemple. Lors d’une interview accordée début août à Punchbowl News, il avait déjà affirmé que les États-Unis contribuaient à faire de certains pays des économies «d’élite», avant de citer directement la Suisse.

Il avait alors affirmé pouvoir faire disparaître le déficit commercial américain avec la Suisse en cessant simplement d’acheter certains produits helvétiques, notamment les montres. Trump avait également soutenu que les Suisses bénéficiaient d’un taux d’intérêt d’environ 0,5 % et que les États-Unis devraient eux aussi retrouver les taux les plus bas du monde.

Le président américain durcit désormais son discours en mettant en avant la possibilité de couper les relations commerciales avec certains partenaires.

Cette pression intervient alors que les échanges entre Berne et Washington restent déjà sous tension. Depuis le 24 juillet 2026, les États-Unis appliquent à de nombreux produits suisses des droits additionnels portant le taux total jusqu’à 12,5 %. Les négociations pour parvenir à un accord commercial durable se poursuivent.

Le taux suisse n’est pourtant plus à 0,5 %

Un détail important vient toutefois nuancer les déclarations de Donald Trump.

Le taux directeur de la Banque nationale suisse n’est actuellement pas fixé à 0,5 %. La BNS l’a ramené à 0 % en juin 2025 et l’a maintenu à ce niveau lors de son dernier examen de politique monétaire du 18 juin 2026.

Aux États-Unis, la Réserve fédérale a décidé le 29 juillet de maintenir son taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,5 % et 3,75 %. La différence entre les deux pays reste donc considérable, même si la comparaison utilisée par Trump repose sur un chiffre suisse dépassé.

Cette divergence s’explique notamment par des situations économiques différentes.

La BNS considère que les pressions inflationnistes à moyen terme restent compatibles avec la stabilité des prix et juge son taux actuel approprié. Aux États-Unis, la Fed estime au contraire que l’inflation reste trop élevée par rapport à son objectif de 2 %, tout en constatant une activité économique toujours solide.

Trump veut que les États-Unis retrouvent les taux les plus bas

Donald Trump défend une vision différente de celle de la banque centrale américaine.

Selon lui, de bons résultats économiques devraient permettre aux États-Unis de bénéficier de taux d’intérêt plus faibles, relaie 20 Minuten. Dans son interview à Punchbowl News, il regrettait qu’une économie performante conduise aujourd’hui les marchés à craindre une hausse des taux plutôt qu’à espérer leur diminution.

La Réserve fédérale suit toutefois une logique différente. Lorsque la croissance reste robuste et que l’inflation demeure élevée, des taux plus élevés peuvent être maintenus afin de freiner la demande et d’éviter une nouvelle accélération des prix.

Le désaccord entre la Maison-Blanche et la Fed dépasse donc largement le seul cas suisse. Mais la Suisse est devenue pour Donald Trump un exemple récurrent, à la fois dans ses critiques sur les taux d’intérêt et dans son discours sur le commerce extérieur.

Le président avait déjà affirmé début août que les États-Unis enregistraient un déficit commercial de 39 milliards de dollars avec la Suisse et qu’il pouvait le supprimer «d’un trait de plume». Il utilise désormais à nouveau le pays pour défendre sa volonté de voir les taux américains redescendre fortement.

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