Le changement climatique complique de plus en plus la gestion des cabanes du Club alpin suisse (CAS). Selon une étude commandée en 2025, une cabane sur trois pourrait être menacée par le dégel du permafrost, la hausse du risque d’éboulements ou encore le manque d’eau.
Ces menaces obligent le CAS à envisager des investissements considérables pour sécuriser et moderniser ses infrastructures. Les décisions financières qui en découlent pourraient transformer l’expérience des visiteurs et entraîner une hausse significative des tarifs des nuitées et des services proposés.
Des investissements indispensables pour sécuriser les refuges
Le CAS et ses sections possèdent 152 cabanes réparties dans toute la Suisse, et la facture pour maintenir ces infrastructures face aux nouvelles conditions climatiques s’annonce salée. L’association prévoit d’investir entre 20 et 25 millions de francs par an jusqu’en 2040 dans des projets de rénovation, de sécurisation et de transformation, rapporte Blick. Ces travaux visent à renforcer les bâtiments contre les risques géologiques, adapter les installations aux conditions météorologiques extrêmes et assurer l’autonomie en eau dans certaines zones.
Pour financer ces projets, le CAS souhaite augmenter les contributions des sections au fonds central des cabanes, qui représentent actuellement environ 6 % des recettes d’une cabane moyenne. Selon la proposition, ce taux pourrait grimper à 12 voire 14 %. Cette hausse permettrait de disposer des ressources nécessaires pour couvrir les travaux tout en préservant la sécurité et la qualité des services offerts aux randonneurs.
La situation financière du fonds des cabanes reste un enjeu central. Fin 2024, le fonds disposait encore de 14,2 millions de francs, mais les besoins en rénovation sont tels que le CAS estime qu’il pourrait être vide dès 2030 si aucune mesure n’est prise. Cette planification sur le long terme illustre à quel point le réchauffement climatique transforme les défis logistiques et financiers pour le club alpin.
Hausse des prix et inquiétudes des gardiens
Pour absorber les coûts supplémentaires, les sections devront augmenter les loyers demandés aux gardiens de cabane, qui pourraient ensuite répercuter ces hausses sur les visiteurs. Selon la proposition du CAS, le prix d’une nuitée pour les non-membres passerait de 40 à plus de 50 francs, soit une augmentation d’au moins 25 %. Les repas et les boissons pourraient également voir leur prix grimper de 10 à 15 %.
Ces mesures suscitent des réactions mitigées parmi les gardiens. Plusieurs exploitants craignent que des tarifs trop élevés découragent les visiteurs, malgré la forte fréquentation observée ces dernières années. En 2025, les cabanes ont enregistré un record avec 409 000 nuitées, et en 2024, le chiffre d’affaires avait progressé de 2,5 %, grâce à des hausses de prix qualifiées de « modérées » par le CAS. L’équilibre entre financement nécessaire et attractivité pour les visiteurs constitue donc un enjeu délicat.
La décision finale sur l’augmentation des contributions sera prise par les délégués des sections du CAS lors du vote prévu le 13 juin. Cette échéance sera déterminante pour l’avenir des refuges suisses, entre sécurité, modernisation et accessibilité. Le réchauffement climatique impose ainsi au CAS de combiner stratégie financière, adaptation aux risques environnementaux et maintien de l’expérience touristique dans les montagnes suisses.
Les prochaines années seront cruciales pour préserver l’accès aux cabanes, garantir leur sécurité et maintenir la confiance des randonneurs. Les visiteurs devront s’habituer à des tarifs plus élevés, mais ces ajustements sont indispensables pour assurer la pérennité des refuges face à des conditions de plus en plus imprévisibles.








