La Suisse pourrait attirer moins de touristes américains que l’année dernière à cause de Donald Trump

La Suisse pourrait connaître une baisse de fréquentation touristique en provenance des États-Unis, mais les visiteurs canadiens semblent prendre la relève.

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Donald Trump
La Suisse pourrait attirer moins de touristes américains que l'année dernière à cause de Donald Trump : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le secteur touristique suisse se trouve dans une situation précaire, avec un avenir incertain pour l’une de ses plus importantes sources de visiteurs : les Américains. En 2024, avec 3,5 millions de nuitées, les touristes américains représentaient le deuxième groupe de visiteurs étrangers après les Allemands. 

Cependant, l’incertitude politique et économique liée à la politique commerciale de Donald Trump pourrait affecter cette tendance. Bien que la situation reste floue, des spécialistes du tourisme, comme Martin Nydegger, directeur de Suisse Tourisme, redoutent une chute des visiteurs américains en Suisse. Face à ce constat, certaines opportunités pourraient également émerger, mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives.

L’impact des tensions commerciales sur le tourisme américain en Suisse

Depuis 2024, les Américains sont devenus un groupe touristique essentiel pour la Suisse, juste derrière les Allemands, avec un total de 3,5 millions de nuitées, d’après Blick. Cette tendance s’est accélérée après la pandémie de Covid-19, marquée par une demande croissante pour les destinations suisses.

Cependant, les récentes tensions économiques, exacerbées par la guerre commerciale menée par Donald Trump, pourraient bouleverser cette dynamique. En dépit de cette incertitude, Martin Nydegger reste prudent dans ses analyses : « Au premier trimestre 2025, nous n’avons pas ressenti d’effet Trump négatif », explique-t-il. Les réservations d’été sont maintenues et aucune annulation n’a été signalée pour l’instant.

Cependant, la situation pourrait évoluer dans les mois à venir. Le véritable test pour l’industrie touristique suisse viendra en septembre, lorsque les réservations pour la fin d’année devront être examinées. « L’heure de vérité sonnera en septembre », ajoute Nydegger.

La question centrale demeure : dans quelle mesure les tensions commerciales, les fluctuations du dollar et les nouvelles politiques économiques américaines affecteront-elles les réservations ? Bien que des impacts sur le marché américain soient attendus, Martin Nydegger minimise la probabilité d’un déclin durable, soulignant que tout recul serait « probablement temporaire » et non significatif.

Une autre préoccupation majeure est l’impact de la faiblesse du dollar sur les prix des produits et services en Suisse. Si cette tendance persiste, les prix pourraient devenir un frein pour de nombreux touristes américains, qui choisiraient d’autres destinations jugées plus accessibles.

Néanmoins, les touristes américains typiques, souvent plus fortunés que d’autres groupes, pourraient ne pas être aussi sensibles à ces hausses de prix. Les hôteliers suisses devront néanmoins réfléchir à des offres attractives pour compenser cette dynamique.

L’émergence du marché canadien : une alternative à la baisse de fréquentation américaine

Face à l’incertitude qui pèse sur le marché américain, la Suisse semble bénéficier d’une tendance favorable venant du Canada. En 2025, le nombre de visiteurs canadiens a augmenté de 20 % par rapport à l’année précédente.

Ce phénomène est lié en partie à la volonté des Canadiens de se distancer des préoccupations économiques et politiques des États-Unis. De plus, la politique erratique de Trump commence à se faire sentir dans l’ensemble du secteur touristique mondial, y compris au sein des compagnies aériennes américaines, comme Delta, qui ont réduit leur nombre de vols vers des destinations européennes, dont Zurich.

Martin Nydegger reste optimiste et souligne que la Suisse dispose de ressources pour attirer d’autres marchés étrangers. « D’autres pays pourraient s’engouffrer dans la brèche », affirme-t-il. Si le tourisme américain commence à fléchir, des pays comme le Canada, avec une forte affinité culturelle et géographique pour la Suisse, pourraient bien compenser la baisse de fréquentation. En effet, l’image de la Suisse auprès des visiteurs canadiens est très positive, et cette dynamique pourrait permettre de diversifier davantage les profils de touristes en Suisse.

Par ailleurs, la stratégie de marketing de Suisse Tourisme ne changera pas à court terme. Le pays conserve une forte image de marque auprès des touristes américains, même si la politique de Trump a provoqué une certaine incertitude.

« La Suisse bénéficie depuis longtemps d’une image de marque très positive auprès de ses visiteurs américains », précise Martin Nydegger. La crainte d’être perçu comme indésirable aux États-Unis ne semble pas affecter les touristes américains en Suisse, où ils continuent à se sentir bienvenus.

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