La célèbre pâte à tartiner Nutella, adorée dans le monde entier, se retrouve aujourd’hui sous pression, et ce, pour une raison bien particulière : une pénurie de noisettes. Et pas n’importe quelle pénurie ! Cette année, la récolte turque, qui représente les deux tiers des noisettes mondiales, s’annonce catastrophique.
Avec des prix qui flambent, l’iconique pâte à tartiner voit déjà son prix augmenter en Suisse. Entre spéculations sur le marché des noisettes et ajustements de prix chez les distributeurs suisses, la situation pourrait bien chambouler les habitudes des consommateurs.
Pourquoi cette pénurie de noisettes secoue Nutella
La Turquie, véritable championne des noisettes, est au cœur de cette crise. D’habitude, ce pays récolte près de 700 000 tonnes de noisettes chaque année, mais cette fois-ci, les prévisions sont alarmantes : la récolte pourrait bien tomber sous les 300 000 tonnes, selon le Financial Times. La cause ? Des conditions climatiques extrêmes et des attaques de parasites qui ont fait des ravages dans les vergers. Résultat : le prix des noisettes a presque doublé cet été. Pour Ferrero, la société derrière Nutella, qui consomme à elle seule un quart de la récolte mondiale, la situation est délicate.
Pour gérer cette crise, Ferrero a pris une décision simple mais stratégique : attendre avant de se précipiter à l’achat. « Nous avons encore beaucoup de réserves cette année, nous ne sommes pas pressés d’acheter », déclare Marco Botta, directeur de la Ferrero Hazelnut Company. Cette prudence a créé un terrain de jeu pour les spéculateurs qui, eux, n’hésitent pas à acheter les noisettes rares en espérant les revendre à des prix plus élevés. Mais Ferrero garde son calme, en continuant de diversifier ses sources d’approvisionnement en dehors de la Turquie, notamment au Chili et en Serbie. Mais si la récolte turque tourne vraiment au fiasco, l’entreprise pourrait bien être obligée d’adapter ses prix à la hausse, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour les consommateurs.
Des hausses de prix déjà visibles en Suisse
Chez les distributeurs suisses, l’impact de cette crise se fait déjà sentir. Coop et Denner, deux acteurs majeurs du marché, n’ont pas hésité à réajuster leurs prix. Par exemple, Denner a augmenté de 25 centimes le prix du pot de 750 grammes de Nutella, qui passe à 5,20 francs, selon Blick. Et ce n’est pas tout : Coop a également augmenté le prix du pot de 400 grammes, désormais vendu à 4,20 francs, en raison de la flambée des matières premières, notamment les noisettes et le cacao. Mais malgré tout, les consommateurs ne semblent pas se laisser décourager : Nutella reste le produit préféré des Suisses, représentant encore deux tiers des ventes de pâte à tartiner, contre un tiers pour les marques concurrentes.
Les prix sont désormais standardisés dans presque toutes les enseignes : 3,20 francs pour 200 grammes, 4,20 francs pour 400 grammes et 5,20 francs pour 750 grammes. Lidl, qui tente de se démarquer, propose un pot de 450 grammes à 4,49 francs. Mais attention, les alternatives moins chères fleurissent aussi, et de plus en plus de consommateurs se tournent vers ces produits moins coûteux pour alléger leur panier.
Face à cette situation, Ferrero n’a pas attendu pour réagir en lançant de nouveaux produits. Nutella Peanut, une version à base de cacahuètes, vient tout juste d’être lancée. Bien que cette version ne soit pas encore largement distribuée en Suisse, elle pourrait bien représenter une alternative dans les années à venir si la pénurie persiste. Et ce n’est pas tout : une version végétalienne de Nutella est déjà disponible dans certains magasins suisses depuis septembre, offrant aux consommateurs une option sans produits d’origine animale.
Les consommateurs suisses se retrouvent donc dans une situation où leur pâte à tartiner favorite pourrait devenir plus chère, mais où des alternatives se multiplient. La situation est loin d’être simple, mais elle montre comment une crise alimentaire mondiale peut affecter directement les prix des produits du quotidien. Entre innovation et ajustement des prix, Ferrero et les grandes surfaces suisses tentent de naviguer au mieux dans cette mer agitée.








