L’immobilier suisse traverse une période de forte dynamique, avec une tendance générale à la hausse des prix des logements, notamment dans les grandes agglomérations. En septembre, les prix des appartements en copropriété ont encore enregistré une augmentation, tandis que ceux des maisons individuelles sont restés relativement stables.
Toutefois, une nouvelle réforme fiscale, à savoir l’abolition de la taxe sur la valeur locative, pourrait exacerber cette tendance. En effet, cette mesure, adoptée récemment par référendum, a pour objectif de rendre l’accession à la propriété plus attractive et devrait influencer le marché immobilier à moyen et long terme.
L’impact de l’abolition de la valeur locative sur la demande immobilière
L’une des réformes fiscales les plus significatives en Suisse ces dernières années est l’abolition progressive de la taxe sur la valeur locative. Cette taxe, qui impose aux propriétaires de déclarer une valeur locative théorique de leur bien immobilier, a longtemps été un facteur dissuasif pour l’acquisition de biens immobiliers, notamment dans les zones à forte demande. En supprimant cette taxe, la Suisse cherche à alléger la charge fiscale des propriétaires et à stimuler l’achat de logements, en particulier les biens neufs. Ce changement a des répercussions directes sur la demande, qui devrait augmenter de manière significative, car de nombreux Suisses hésitaient jusque-là à investir dans la propriété en raison de cette taxe.
Les prix des appartements en copropriété ont déjà montré une légère hausse de 0,5% en septembre 2025, selon l’indice d’achat ImmoScout24, alors que ceux des maisons individuelles sont restés inchangés. À moyen terme, la demande pour l’immobilier, en particulier dans le secteur des appartements et des maisons neuves, devrait être dopée par l’abolition de cette taxe. Ce phénomène est d’autant plus marqué en période de stabilité économique, où la confiance dans le marché immobilier reste élevée. La suppression de la valeur locative pourrait ainsi inciter davantage de citoyens à accéder à la propriété, surtout dans des zones où l’offre est limitée et la demande soutenue.
Des régions comme la Suisse orientale (+1,3%) et la Suisse centrale (+1,2%) ont déjà observé une augmentation des prix des appartements, malgré une offre plus importante, ce qui montre bien qu’une demande continue persiste. Si cette tendance se maintient, les prix des logements continueront probablement d’augmenter dans ces régions, avec un effet particulièrement marqué pour les nouveaux biens. À plus long terme, le marché pourrait se tendre davantage, rendant les logements neufs encore plus attractifs pour les investisseurs et les particuliers.
Les conséquences pour l’immobilier ancien et les travaux de rénovation
L’abolition de la valeur locative aura également des répercussions sur les biens immobiliers plus anciens, en particulier ceux nécessitant des rénovations substantielles. La réforme prévoit que, dès 2028, les frais d’entretien pour les propriétés anciennes ne seront plus déductibles fiscalement. Cela pourrait ralentir l’intérêt pour les logements anciens nécessitant des travaux de rénovation, en raison des coûts supplémentaires qui ne pourront plus être compensés fiscalement. La perspective de frais d’entretien non déductibles pourrait en effet rendre ces biens moins attractifs, du moins pour les investisseurs cherchant à maximiser leur rentabilité.
Ce phénomène pourrait se traduire par une divergence dans l’évolution des prix entre les biens anciens et les biens neufs. Tandis que les propriétés neuves bénéficieraient d’une demande accrue et d’une valorisation continue, les maisons et appartements anciens pourraient voir leur valorisation stagner, voire diminuer, à mesure que les propriétaires devront assumer des coûts de rénovation plus élevés. En conséquence, une plus grande part de la demande se concentrerait sur les biens immobiliers ne nécessitant pas de lourds investissements, ce qui pourrait accroître la pression sur les prix dans ce segment du marché.
D’un autre côté, l’abolition de la valeur locative pourrait également encourager certains propriétaires de biens anciens à vendre, avant que les nouvelles règles fiscales n’entrent en vigueur. Ces derniers pourraient profiter d’un marché encore dynamique pour obtenir un prix attractif avant la mise en place de la réforme.








