Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes restent présents en France, y compris lorsque les salariés occupent des postes de niveau comparable. Selon une étude menée par Lucca auprès de 4 500 entreprises et près de 309 000 salariés, les femmes touchent en moyenne 7,2 % de moins que les hommes à poste équivalent, une fois les primes et éléments variables pris en compte.
L’écart salarial moyen entre les femmes et les hommes atteint 15,8 % en France selon l’étude de Lucca, un chiffre proche de celui communiqué depuis plusieurs années par l’Insee. Ce calcul prend en compte l’ensemble des rémunérations versées, sans distinction de poste ou de niveau de responsabilité. La nouvelle approche issue de la directive européenne sur la transparence salariale se concentre sur des emplois de valeur comparable. Dans ce cadre, l’écart observé atteint 7,2 %.
Selon Lucca, cette différence correspond à une situation où deux salariés occupent un emploi similaire, avec un niveau comparable de responsabilités et de compétences, mais ne perçoivent pas la même rémunération.
Les primes accentuent les différences de salaire
L’étude met en évidence un phénomène lié aux éléments variables de rémunération. Lorsque seuls les salaires prévus dans les contrats sont analysés, l’écart entre femmes et hommes atteint 3,5 %. Une fois les primes, bonus et autres éléments versés réellement intégrés, il monte à 7,2 %. Lucca parle alors de « bonus gap », c’est-à-dire une différence liée aux rémunérations variables.
Selon Alexandre Imbeaux, responsable des produits liés à la gestion des talents chez Lucca, ces écarts pourraient notamment s’expliquer par des différences dans la négociation des primes, la fixation des objectifs ou l’attribution des rémunérations variables en fin d’année; rapporte Capital.
Des écarts plus marqués dans certains secteurs
Les différences de rémunération ne sont pas identiques selon les domaines d’activité. Dans le commerce de détail, l’écart entre femmes et hommes à niveau équivalent peut atteindre 20 %, notamment en raison d’une forte présence de rémunérations variables liées aux ventes. À l’inverse, le secteur de la technologie affiche des écarts plus limités, autour de 3 % à poste comparable, selon l’étude.
La structure des métiers joue aussi un rôle dans les différences globales. Certains secteurs restent davantage féminisés, notamment ceux liés au soin ou à l’enseignement, avec des niveaux de rémunération différents.
L’accès aux postes de direction reste un facteur important
L’étude souligne également le poids de la répartition des responsabilités. Les femmes représentent seulement 20 % des effectifs de direction dans les entreprises analysées. Cette présence plus faible dans les fonctions les mieux rémunérées contribue aux écarts observés sur l’ensemble des carrières.
Pour réduire ces différences, la directive européenne sur la transparence salariale ne prévoit pas de rendre publics les salaires individuels. Elle vise plutôt à donner davantage d’informations aux salariés sur leur positionnement salarial.
De nouvelles règles sur la transparence des rémunérations
Avec cette réglementation, les salariés pourront connaître leur position par rapport à la moyenne et à la médiane des rémunérations de leur catégorie professionnelle. Les entreprises devront aussi mieux expliquer leurs choix en matière de rémunération. L’étude de Lucca indique que 34 % des salariés n’ont actuellement pas accès à leurs données de rémunération et que 70 % des managers ne sont pas formés pour expliquer une décision salariale.
La directive prévoit aussi la fin des clauses interdisant aux salariés de parler de leur rémunération entre collègues. L’objectif affiché est de rendre les écarts plus visibles afin de favoriser une plus grande égalité salariale entre les femmes et les hommes.









