Une étude de l’Observatoire de l’émancipation économique des femmes, intitulée « Le coût d’être retraitée », révèle que les hommes perçoivent en moyenne des pensions de retraite 62 % supérieures à celles des femmes.
Ce constat, qui met en lumière des inégalités économiques persistantes, a été analysé sous l’angle du genre par les auteures Elsa Foucraut et Mélissa Asli Petit. Les raisons de cette disparité sont multiples. D’une part, les femmes partent à la retraite en moyenne huit mois plus tard que les hommes.
Elles sont également plus nombreuses à attendre l’âge de 67 ans, afin d’annuler la décote sur leur pension. Cela engendre une situation où les femmes se retrouvent avec des pensions plus faibles, ce qui les rend plus vulnérables financièrement. L’étude met en évidence que près de 75 % des retraités modestes, c’est-à-dire ceux percevant moins de 1 000 euros par mois, sont des femmes.
Les causes et les conséquences de cette inégalité dans les pensions de retraites
Les femmes font face à des charges supplémentaires après leur départ à la retraite, telles que la garde des petits-enfants, l’aide à un proche dépendant, ou encore les tâches domestiques. Ces responsabilités, souvent invisibles, sont rarement prises en compte dans le calcul des pensions. Selon les auteures de l’étude, la retraite ne constitue donc pas une « récompense » pour une carrière, mais reflète les inégalités accumulées tout au long de la vie professionnelle des femmes.
L’étude critique également le système d’assurance français, qu’elle qualifie d’hérité d’une vision patriarcale datant de 1945. Selon cette analyse, ce système ne fait pas que reproduire les inégalités salariales, il les amplifie. En effet, des mécanismes comme les droits familiaux ou les pensions de réversion, censés compenser les inégalités, n’arrivent pas à équilibrer les effets des séparations, de la monoparentalité ou des tâches d’aidance, qui touchent disproportionnellement les femmes.
L’étude conclut sur la nécessité de repenser le système de retraite pour prendre en compte ces inégalités de genre, en soulignant l’importance du travail invisible effectué par les femmes au sein de la société. Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, souligne qu’il est crucial de reconnaître que la société repose en grande partie sur ce travail non rémunéré.
Ainsi, bien que des mesures correctrices existent, elles ne suffisent pas à combler l’écart entre les pensions de retraite des hommes et des femmes, mettant en lumière une inégalité persistante à long terme. Des inégalités qui impactent le quotidien des femmes et leur position dans la société.








