Voitures de société en Belgique : cet avantage fiscal va-t-il disparaître ?

Le régime fiscal des voitures de société revient dans le débat en Belgique alors que le gouvernement cherche des économies budgétaires.

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Voitures de société
Voitures de société en Belgique : cet avantage fiscal va-t-il disparaître ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le régime fiscal des voitures de société revient au centre des discussions en Belgique alors que le gouvernement fédéral cherche à réaliser 10 milliards d’euros d’économies d’ici 2029. Parmi les pistes évoquées figure une éventuelle réforme de cet avantage, qui concerne environ 1,2 million de véhicules dans le pays.

La question a été remise sur la table par le ministre du Budget Vincent van Peteghem (CD&V) dans le cadre des préparatifs du conclave budgétaire. La proposition a rapidement suscité des réactions politiques, y compris au sein de son propre parti, puisque le président du CD&V, Sammy Mahdi, s’y est opposé. Le débat porte sur le coût de ce système pour les finances publiques, mais aussi sur son utilité pour les travailleurs et les entreprises. Selon plusieurs estimations, la suppression des voitures de société pourrait rapporter entre 2 et 5 milliards d’euros à l’État.

Un avantage fiscal qui concerne une partie des travailleurs

En Belgique, la voiture de société constitue depuis plusieurs années un élément important de la rémunération de certains employés. Ces véhicules bénéficient d’un régime fiscal spécifique et peuvent généralement être utilisés pour des déplacements privés. Pour Benoît Piedboeuf, député fédéral et chef de groupe MR à la Chambre, cet avantage fonctionne parfois comme un complément de salaire. « On peut décider de toucher à la voiture de société à condition de baisser le taux d’imposition. Si tout le monde est taxé à 25%, il n’y aura plus besoin de faire des voitures de société », rapporte la RTBF.

Le système est toutefois critiqué par certains responsables politiques qui estiment qu’il profite principalement aux revenus les plus élevés. Gilles Vanden Burre, co-président d’Ecolo, avance que ce dispositif concerne environ 15% des travailleurs belges. « On a créé un système, il y a des années, des dizaines d’années même, et en fait qui profite aux plus aisés et de manière en plus inéquitable dans la société », estime-t-il. La répartition géographique des voitures de société est également inégale. Environ deux tiers des 1,2 million de véhicules concernés circuleraient en Flandre.

Entre outil de travail et avantage salarial, le débat reste ouvert

Les discussions ne portent pas uniquement sur la suppression pure et simple du système. Plusieurs responsables distinguent les véhicules utilisés comme avantage salarial de ceux qui répondent à un besoin professionnel. Gilles Vanden Burre précise qu’il ne souhaite pas remettre en cause les voitures nécessaires à certaines activités. « Les personnes qui ont besoin d’une voiture comme un outil de travail, je pense à l’infirmière qui doit aller en visite à domicile, je pense à quelqu’un qui doit faire des chantiers dans le secteur du bâtiment, ça, c’est un outil de travail. Pour nous, ces gens-là ne sont pas concernés par le système de voiture salaire ».

Pour Benoît Piedboeuf, la situation est plus large. Il rappelle que certains travailleurs vivant dans des zones moins bien desservies par les transports publics dépendent aussi de leur véhicule pour leurs déplacements quotidiens. La question environnementale s’ajoute également au débat. Depuis 2026, seules les voitures électriques peuvent bénéficier de ce régime fiscal. Aujourd’hui, les véhicules électriques représentent environ 80% des voitures de société en Belgique.

Pour Gilles Vanden Burre, cette évolution constitue une avancée, mais elle reste insuffisante. « On a permis que ce ne soit plus des voitures qui polluent l’air qu’on respire tous les jours. Mais ce n’est qu’un premier pas pour nous ». Une réforme du système pourrait donc avoir des conséquences à la fois sur les finances publiques, les entreprises et les salariés concernés. Le gouvernement devra arbitrer entre les économies recherchées et le maintien d’un dispositif qui occupe une place importante dans le modèle de rémunération belge.

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