Réforme fiscale en Belgique : qui va gagner et qui va payer davantage ?

La réforme fiscale belge redistribue les avantages entre travailleurs, familles et couples, avec des effets très variables selon chaque situation.

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Réforme fiscale en Belgique : qui va gagner et qui va payer davantage ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

La réforme fiscale va progressivement changer le montant payé par de nombreux contribuables belges. Si certains travailleurs verront leur revenu net augmenter, plusieurs couples, parents séparés et pensionnés pourraient perdre une partie de leurs avantages actuels.

La Chambre a adopté le 9 juillet 2026 le projet porté par le ministre des Finances Jan Jambon. Le texte doit encore recevoir la sanction royale et paraître au Moniteur belge. Ses dispositions entreront en vigueur par étapes entre les exercices d’imposition 2027 et 2031. Le changement le plus visible concerne la quotité exemptée d’impôt, soit la première partie des revenus qui n’est pas taxée. Son montant indexé doit passer de 10 910 euros actuellement à 14 450 euros en 2030. Une hausse à 15 600 euros en 2031 est prévue, sous réserve d’une validation politique ultérieure.

L’avantage sera progressif. Les premiers effets devraient rester modestes durant les premières années, avant une hausse plus marquée à l’approche de 2030. Certains fiscalistes évoquent alors un gain proche de 100 euros nets par mois pour de nombreux travailleurs. Ce relèvement vise surtout les revenus professionnels. Pour les pensions et certains revenus de remplacement, la baisse parallèle de réductions fiscales pourrait neutraliser une partie du gain.

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Le ministre des Finances Jan Jambon. Crédit : Shutterstock

 

Les familles verront les avantages liés aux enfants évoluer

Les parents bénéficient actuellement d’un supplément de revenu non taxé pour leurs enfants à charge. La réforme augmente progressivement l’avantage accordé pour le premier et le deuxième enfant. À partir de 2030, les montants devraient être davantage harmonisés. Le supplément atteindrait 1 162,50 euros avant indexation par enfant pour les familles comptant un ou deux enfants.

Dans le même temps, l’indexation de plusieurs suppléments sera gelée entre les exercices d’imposition 2027 et 2030. Les familles nombreuses pourraient donc profiter moins directement de la réforme que les foyers avec un ou deux enfants. La condition appliquée aux parents isolés sera aussi resserrée. Dès 2030, le supplément spécifique sera réservé aux personnes vivant réellement seules avec leurs enfants. Une cohabitation de fait pourra faire perdre cet avantage.

Les pensions alimentaires seront moins déductibles

Les personnes qui versent une pension alimentaire pourront déduire une part moins élevée de ces paiements de leurs revenus imposables. Le taux de déduction, historiquement fixé à 80 %, doit descendre progressivement pour atteindre 50 %. Cette baisse augmentera la charge fiscale de certains parents séparés. Les fiscalistes redoutent un effet indirect sur le montant des pensions négociées ou fixées par un juge. Une déduction moins favorable réduit le revenu disponible du parent qui paie, ce qui pourrait peser lors du calcul de sa capacité financière.

Le quotient conjugal concerne les couples mariés ou cohabitants légaux dans lesquels l’un des partenaires dispose de peu ou pas de revenus. Une partie des revenus du partenaire qui gagne davantage est alors attribuée fiscalement à l’autre, ce qui réduit l’impôt total du ménage. Pour les couples qui n’ont pas atteint l’âge de la retraite, le plafond transférable sera réduit de moitié entre les exercices d’imposition 2027 et 2030. Il passera de 6 700 à 3 350 euros avant indexation.

Les couples à un seul revenu seront les plus exposés. Chez certains ménages, la hausse de la quotité exemptée ne compensera pas entièrement la baisse du quotient conjugal. Pour les couples plus âgés, la suppression sera étalée sur près de vingt ans. La fin du transfert est prévue à l’exercice d’imposition 2046, afin d’éviter une hausse fiscale trop brutale pour les retraités concernés.

Une réforme fiscale qui fait des gagnants et des perdants

Comme l’explique la RTBF, les travailleurs disposant de revenus professionnels devraient tirer le meilleur parti de la hausse de la quotité exemptée. Les foyers avec un ou deux enfants pourraient aussi obtenir un avantage supérieur à celui du système actuel. À l’inverse, les couples vivant principalement d’un seul revenu, certaines familles nombreuses et les personnes qui versent une pension alimentaire risquent de payer davantage.

La réforme ne produira pas le même résultat pour tous. Le revenu, la composition du ménage, l’âge des partenaires et la présence d’enfants à charge détermineront le montant réellement gagné ou perdu. Les effets seront étalés sur plusieurs années, ce qui rendra leur lecture moins immédiate sur les premières fiches de paie. Pour de nombreux contribuables, la comparaison entre l’ancien et le nouveau régime ne sera pleinement visible qu’à l’approche de 2030.

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