La révolution numérique a un coût : les centres de données vont-ils saturer l’électricité belge ?

Les centres de données belges pourraient voir leur consommation électrique exploser d’ici 2034, avec des besoins multipliés par huit.

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La révolution numérique a un coût : les centres de données vont-ils saturer l’électricité belge ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

La consommation d’électricité des centres de données en Belgique pourrait connaître une forte hausse dans les prochaines années. Selon de nouvelles projections du gestionnaire du réseau de transport d’électricité à haute tension Elia, les besoins liés aux infrastructures numériques pourraient être multipliés par huit d’ici 2034.

Les centres de données existants et les nouveaux projets annoncés pourraient représenter une consommation de 24,1 térawattheures (TWh) par an à cet horizon, contre une estimation précédente de 15,8 TWh. Aujourd’hui, ces infrastructures consomment environ 3,2 TWh par an. Avec les autres usages électriques, la consommation totale liée aux centres de données pourrait atteindre 27,3 TWh par an en 2034, selon les projections rapportées par De Standaard, Het Nieuwsblad et Gazet van Antwerpen.

Cette progression s’explique notamment par la multiplication des services numériques, le développement de l’intelligence artificielle et l’augmentation des besoins de stockage et de traitement des données.

Des besoins énergétiques revus fortement à la hausse

Les nouvelles estimations d’Elia montrent que les projets liés aux centres de données pourraient demander beaucoup plus d’électricité que prévu initialement. Les entreprises du secteur cherchent à développer leurs capacités afin de répondre à la croissance des usages numériques. Les centres de données regroupent des milliers de serveurs qui fonctionnent en continu pour stocker, traiter et transmettre des informations. Leur activité nécessite une alimentation électrique permanente, ainsi que des systèmes de refroidissement pour éviter la surchauffe des équipements.

Actuellement, ces infrastructures représentent une part limitée de la consommation électrique belge, avec environ 3,2 TWh par an. Mais leur développement pourrait modifier leur poids dans le système énergétique national. Elia souligne toutefois que les prévisions doivent être interprétées avec prudence. Tous les projets annoncés ne seront pas nécessairement réalisés. Les entreprises réservent parfois des capacités électriques dans plusieurs endroits avant de choisir définitivement l’emplacement de leurs installations.

Le nombre réel de centres de données construits dans les prochaines années dépendra donc des décisions des opérateurs, mais aussi des capacités disponibles sur le réseau électrique.

Un enjeu pour le réseau électrique belge

Dans un scénario où l’ensemble des projets envisagés aboutiraient, la consommation électrique totale de la Belgique pourrait atteindre 172 TWh par an en 2034, soit plus du double de la consommation actuelle. Cette évolution pose la question de la capacité du réseau à répondre à une demande en hausse. Le gestionnaire du réseau doit anticiper les besoins futurs afin d’adapter les infrastructures électriques et garantir l’approvisionnement.

L’essor des centres de données intervient alors que la Belgique cherche aussi à transformer son système énergétique, notamment avec le développement des énergies renouvelables et l’évolution des usages électriques. L’arrivée de nouvelles infrastructures numériques représente donc un nouveau facteur à intégrer dans les prévisions énergétiques du pays. Les prochaines années permettront de préciser l’ampleur réelle de cette croissance et son influence sur la demande d’électricité.

 

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