Le traditionnel triangle de signalisation, encore obligatoire dans tous les véhicules, pourrait bientôt disparaître des équipements imposés aux automobilistes belges. Selon le futur Code de la route prévu pour juin 2027, son usage ne serait plus systématique, une évolution qui marque un changement important dans les règles de sécurité routière.
Aujourd’hui encore, tout conducteur immobilisé sur la voie publique doit placer un triangle rouge derrière son véhicule. La distance dépend du type de route : environ 30 mètres en agglomération et jusqu’à 100 mètres sur autoroute. Cet équipement vise à prévenir les autres usagers d’un danger sur la chaussée.
Mais ce dispositif, longtemps considéré comme indispensable, est désormais jugé moins adapté aux conditions modernes de circulation. Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, prévoit de modifier cette obligation dans le futur Code de la route, rapporte la RTBF.

Les feux de détresse préférés au triangle de signalisation
À partir de juin 2027, le triangle ne serait plus obligatoire dans la plupart des situations. L’activation des feux de détresse du véhicule suffirait à signaler une panne ou un arrêt forcé. Le triangle ne resterait exigé que dans un cas précis : si les feux de détresse ne fonctionnent pas. Cette réforme vise à réduire les situations dans lesquelles les conducteurs doivent sortir de leur véhicule sur des routes dangereuses.
Selon l’Institut Vias, le triangle peut lui-même représenter un danger. Le porte-parole Benoît Godart souligne que l’obligation de marcher sur la chaussée pour le placer expose les conducteurs, notamment sur les voies rapides. Dans certaines conditions, comme le vent ou la circulation dense, l’installation du triangle peut également s’avérer peu fiable ou difficile à maintenir en place.
Les autorités estiment également que les automobilistes respectent de moins en moins les distances et les règles de placement, ce qui réduit l’efficacité du dispositif.
Une évolution inspirée d’autres pays européens
La Belgique pourrait également s’inspirer de solutions déjà mises en place à l’étranger. En Espagne, par exemple, un système de balise lumineuse V16 est progressivement généralisé. Ce dispositif se fixe sur le toit du véhicule en cas de panne et émet un signal lumineux visible à longue distance.
Connecté aux services de secours, il permettrait également une localisation rapide du véhicule en difficulté, sans que le conducteur ait besoin de quitter l’habitacle. Le gouvernement belge attend encore une évaluation des dispositifs étrangers avant de trancher définitivement. Le coût, estimé à une vingtaine d’euros pour les balises V16, ainsi que leur efficacité réelle, feront partie des critères analysés.
En attendant, le triangle reste obligatoire et doit continuer à être présent dans chaque véhicule. Sa disparition progressive, si elle est confirmée, marquera un tournant important dans les règles de sécurité routière en Belgique.








