Un nouveau variant du coronavirus suscite l’inquiétude des scientifiques européens. Le sous-variant NB 1.8.1, rattaché à la famille Omikron, a été détecté dans plusieurs pays.
Son arrivée en Belgique est jugée probable par plusieurs experts, bien qu’elle n’ait pas encore été identifiée formellement. Cette évolution survient après plusieurs mois de calme relatif sur le front du Covid-19.
Un variant détecté en Asie, propagé en Europe et potentiellement déjà présent en Belgique
Le sous-variant NB 1.8.1 a été repéré pour la première fois en Chine et à Hongkong avant de s’étendre aux États-Unis, à la France, aux Pays-Bas, à l’Espagne et à la Suède. En Asie, notamment à Hongkong, il a déjà entraîné une vague épidémique, accompagnée d’une hausse des hospitalisations et des décès. Si aucun cas n’a encore été confirmé en Belgique, le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt) estime qu’il est « fort probable » qu’il y circule déjà, relate Sudinfo. Ce constat s’appuie sur la faible capacité actuelle de dépistage et le séquençage limité des prélèvements positifs, qui rendent difficile une détection rapide.
NB 1.8.1 appartient à la lignée des variants Omikron et est classée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme un « variant under monitoring ». Il n’est donc pas considéré comme un « variant of concern », ce qui signifie que son niveau de menace global reste à l’étude. Selon les premières observations, il présenterait des mutations qui la rendraient potentiellement plus contagieux ou plus habile à contourner les défenses immunitaires existantes. Aucun élément ne montre à ce stade qu’il serait responsable de formes plus sévères de la maladie.
En Belgique, une augmentation des tests positifs a été observée ces derniers jours, bien qu’aucune tendance claire ne se dessine encore. Les données issues de l’analyse des eaux usées, notamment à Louvain, ne signalent pas encore de hausse significative. Cette absence de signal fort ne permet pas de conclure à une expansion rapide, mais appelle à une surveillance plus soutenue.
Une immunité collective affaiblie et un risque de vague modérée selon les virologues
L’expert belge Steven Van Gucht (Sciensano) a rappelé que la dernière vague significative remonte à l’automne dernier. Depuis, l’immunité collective acquise par l’infection ou la vaccination pourrait avoir diminué. La dernière campagne de vaccination remonte à neuf mois, ce qui pourrait favoriser la propagation du variant NB 1.8.1 en l’absence de rappels récents, notamment chez les personnes les plus fragiles.
Le virologue Marc Van Ranst souligne que « une nouvelle petite vague est possible », sans que cela n’entraîne une saturation des hôpitaux. Il s’attend à une augmentation des cas, sans pression excessive sur les services de soins intensifs. Cette analyse rejoint celle d’Yves Van Laethem, qui s’était montré rassurant sur la capacité du système de santé à faire face à une telle évolution. Les autorités sanitaires ne prévoient pas de mesures spécifiques à court terme mais maintiennent une vigilance sur les données épidémiologiques.
La stratégie actuelle repose sur le suivi des indicateurs de circulation du virus, notamment les données hospitalières, les tests et les analyses environnementales. Aucun durcissement des mesures sanitaires n’est envisagé, mais les autorités appellent les personnes vulnérables à consulter en cas de symptômes et à envisager une dose de rappel si elle leur est proposée. La vigilance individuelle reste encouragée, notamment dans les lieux clos ou très fréquentés.








