Les CPAS font face à une hausse importante des demandes d’aide depuis le début de l’année, après l’entrée en vigueur des premières exclusions du chômage. Alors que la réforme doit encore produire de nouveaux effets, les centres publics d’action sociale enregistrent déjà un nombre de sollicitations supérieur aux estimations initiales.
Depuis janvier, près de 100.000 personnes sont concernées par les premières mesures d’exclusion des allocations de chômage. Selon les chiffres du SP Intégration, relayés par Sudinfo et L’Écho, plus d’une personne exclue sur deux a contacté un CPAS afin de demander une aide, soit environ 53.000 personnes.
Ce niveau est supérieur aux prévisions établies par le gouvernement. Les estimations tablaient initialement sur environ un tiers des personnes concernées qui se tourneraient vers les centres publics d’action sociale. Parmi les demandes introduites, environ 44.000 personnes ont obtenu une aide, soit 83 % des demandeurs à l’échelle nationale.
La réforme du chômage doit encore produire de nouveaux effets
La hausse des demandes pourrait se poursuivre dans les prochains mois. Le gouvernement prévoit en effet que près de 80.000 personnes supplémentaires pourraient perdre leur allocation de chômage d’ici juillet 2027. Les CPAS s’attendent donc à devoir accompagner de nouveaux bénéficiaires, alors que les premières vagues d’exclusions montrent déjà une forte demande.
Cette évolution pose la question de la capacité des structures locales à répondre à un nombre croissant de dossiers, notamment dans les communes où les besoins sociaux sont déjà importants.
La Wallonie concentre le plus grand nombre de demandes
Les conséquences de la réforme ne sont pas identiques dans toutes les régions du pays. En Wallonie, les demandes auprès des CPAS sont particulièrement nombreuses. Près d’une personne exclue sur deux a introduit une demande de revenu d’intégration. Le nombre atteignait déjà environ 27.000 personnes au début du mois de janvier.
À Bruxelles, la proportion est légèrement inférieure. Environ 44 % des personnes concernées ont effectué une démarche auprès d’un CPAS. En Flandre, la part des exclus du chômage qui sollicitent une aide sociale est plus faible, avec un peu plus d’un tiers des personnes concernées.
Les CPAS au centre de l’accompagnement social
Face à cette nouvelle situation, les CPAS deviennent un acteur majeur dans l’accompagnement des personnes touchées par la réforme du chômage. Ils évaluent les situations individuelles, examinent les demandes d’aide et accompagnent les bénéficiaires dans leurs démarches. Avec les prochaines vagues d’exclusions prévues jusqu’en 2027, les centres publics d’action sociale devront continuer à adapter leur organisation afin de répondre à l’évolution des besoins dans les différentes régions du pays.








