Taxes immobilières : la Belgique collectionne les mauvaises places dans les classements européens

Acheter, conserver puis louer un bien immobilier peut coûter particulièrement cher en Belgique, qui se retrouve parmi les pays européens les plus taxés à plusieurs étapes.

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Précompte immobilier
Taxes immobilières : la Belgique collectionne les mauvaises places dans les classements européens : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

La Belgique figure en tête des classements européens pour plusieurs taxes frappant les propriétaires immobiliers. Droits d’enregistrement, précompte immobilier et fiscalité sur les revenus locatifs placent le pays parmi les plus gourmands d’Europe. La Belgique se distingue dans ces trois catégories, mais pas dans celle de la taxation des plus-values lors de la revente.

La Belgique affiche des droits d’enregistrement parmi les plus élevés d’Europe

Selon une analyse réalisée à partir des données du Global Property Guide, qui suit la fiscalité immobilière dans plus de 80 pays, et reprise par Euronews, la Belgique figure en tête des classements européens pour plusieurs taxes.

Le journaliste et analyste financier Piero Cingari s’est penché sur quatre taxes qui frappent les propriétaires : à l’achat, pendant la détention du logement, sur les revenus locatifs et lors de la revente. Établir un classement absolu reste compliqué, prévient-il, car les pays n’utilisent ni les mêmes taux ni les mêmes bases de calcul. Lorsqu’on examine l’ensemble de ces prélèvements, la Belgique revient presque systématiquement dans le haut du classement.

Les droits d’enregistrement en Belgique peuvent atteindre 12,5 % du prix d’achat, contre un maximum de 12 % au Royaume-Uni, 10,4 % aux Pays-Bas et 10 % au Luxembourg. Pour un logement de 500.000 euros acheté à Bruxelles ou en Wallonie au taux plein, la facture atteint 62.500 euros. À l’autre extrémité du classement, l’Estonie et la République tchèque ne prélèvent aucun droit équivalent.

Tous les Belges ne paient pas le taux plein. En Wallonie, les acquéreurs répondant aux conditions peuvent bénéficier du taux réduit de 3 %, soit 15.000 euros sur un achat de 500.000 euros. À Bruxelles, un abattement sur les premiers 200.000 euros ramènerait, dans cet exemple, les droits à 37.500 euros.

Une fiscalité lourde sur la détention et les revenus locatifs

Le précompte immobilier belge est calculé à partir d’une valeur locative théorique remontant à 1975. Pour un logement d’environ 300.000 euros, la facture belge se situe dans une fourchette comparable à celle de la France et de l’Espagne, où elle tourne généralement entre 700 et 1.800 euros par an.

Au Royaume-Uni, elle se situe plutôt entre 2.000 et 3.200 euros. À Chypre et à Malte, aucun impôt immobilier annuel n’est prélevé.

Pour les investisseurs qui mettent leur bien en location, le Global Property Guide a simulé la fiscalité d’un propriétaire non résident selon différents niveaux de loyers.

Pour un loyer mensuel de 1.500 euros, le Danemark est le plus gourmand, avec 42,11 %, devant les Pays-Bas (36 %) et la Finlande (30 %). Avec 12.000 euros de revenus locatifs par mois, la Belgique arrive en tête avec 47,27 %, devant le Danemark (43,22 %), puis l’Allemagne et la Grèce (41 %). À titre de comparaison, le Portugal reste à 28 % et l’Italie à 21 %.

Un seul répit : la taxation des plus-values à la revente

La Belgique n’occupe pas le haut du classement pour la taxation des plus-values lors de la revente d’un bien. La fiscalité belge sur ces gains est comprise entre 16,5 % et 33 %. Ce niveau constitue, selon Piero Cingari, « un réel répit » par rapport aux autres prélèvements frappant l’immobilier dans le pays.

Le contraste est notamment important avec le Danemark, où la taxation peut être la plus sévère. La plus-value peut y être imposée jusqu’à 52,07 % lorsqu’elle est intégrée aux revenus du contribuable. Sur un gain de 250.000 euros, la facture fiscale peut ainsi atteindre environ 130.000 euros.

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