Le statut BIM concerne aujourd’hui plus de 2,5 millions de Belges. Face à la hausse du nombre de bénéficiaires, le gouvernement envisage de revoir les critères d’accès, avec des conséquences potentielles pour une large partie de la population.
Le statut de bénéficiaire de l’intervention majorée permet d’accéder à des réductions sur les soins de santé, les transports et d’autres aides sociales. Fin 2025, environ 21 % de la population en bénéficiait, soit un Belge sur cinq. Ce chiffre a fortement progressé ces dernières années, avec près de 400.000 bénéficiaires supplémentaires en cinq ans. Une évolution qui s’explique à la fois par une dégradation des situations économiques et par une meilleure identification des droits.
Le gouvernement veut revoir les critères
Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke souhaite modifier le système en profondeur. L’une des pistes envisagées consiste à intégrer le patrimoine dans les critères d’accès, et plus uniquement les revenus. Un seuil de 60.000 euros de capital est évoqué. Au-delà, l’accès au statut BIM pourrait être refusé, même si les revenus restent faibles. L’objectif affiché est de limiter certains effets jugés incohérents, notamment lorsque des personnes disposent d’un patrimoine important tout en bénéficiant de l’aide.
Comme le souligne la RTBF, le statut BIM donne accès à plusieurs aides importantes. Dans les transports, un abonnement annuel à la STIB peut revenir à 85 euros, contre environ 520 euros sans ce statut. À la SNCB, une réduction de 50 % est appliquée. Sur le plan de la santé, les bénéficiaires profitent de remboursements plus élevés et d’un ticket modérateur réduit. D’autres aides existent également, comme des avantages liés à la garde d’enfants.
Des disparités marquées selon les régions
La répartition des bénéficiaires varie fortement selon les régions. À Bruxelles, environ 35,59 % de la population est concernée. En Wallonie, la proportion atteint environ 25 %, contre environ 20 % en Flandre. Ces écarts reflètent des réalités socio-économiques différentes selon les territoires.
La réforme suscite des réactions. Certaines organisations estiment qu’un durcissement des critères pourrait compliquer l’accès aux aides pour les personnes les plus fragiles. Le plafond de revenus, fixé autour de 28.054 euros bruts annuels pour un ménage, constitue déjà un seuil déterminant. Un dépassement, même limité, peut entraîner la perte de plusieurs avantages.
Une évolution encore incertaine
À ce stade, aucune suppression du statut BIM n’est envisagée. Le débat porte sur ses conditions d’accès et son fonctionnement. Les prochaines décisions dépendront des discussions politiques en cours. Pour les millions de bénéficiaires, l’enjeu reste important, tant les aides associées influencent directement le budget quotidien.








