Le risque de perturbations dans le transport aérien se précise en lien avec la situation au Moyen-Orient. Les acteurs du secteur surveillent l’évolution de l’approvisionnement en kérosène. Les voyageurs pourraient être concernés dans les prochaines semaines. Des incertitudes apparaissent pour les périodes de vacances.
La situation géopolitique actuelle soulève des inquiétudes sur l’approvisionnement en kérosène en Europe. Le Conseil international des aéroports – ACI Europe, organisation représentant les aéroports européens, a indiqué qu’une « pénurie systémique de kérosène deviendra une réalité dans l’UE si le passage par le détroit d’Ormuz ne reprend pas de manière stable et significative dans les trois prochaines semaines ». Cette voie maritime est utilisée pour une partie du transport de pétrole.
Face à ce contexte, ACI Europe a adressé un courrier aux institutions européennes. L’organisation demande un « suivi urgent de la disponibilité et de l’approvisionnement » sur les six prochains mois. Elle évoque également la nécessité d’adapter certaines règles liées à la réduction des émissions de méthane dans le secteur de l’énergie. Ces éléments s’inscrivent dans un cadre de tension sur les flux énergétiques.
Des situations différentes selon les infrastructures et les compagnies
Certains aéroports indiquent ne pas être affectés à ce stade. Brussels Airport, principal aéroport de Belgique, précise disposer d’un système d’approvisionnement spécifique. Son porte-parole Quentin Mertens déclare : « Brussels Airport dispose d’une infrastructure d’approvisionnement solide en raison du fait que nous sommes raccordés à un réseau souterrain, le pipeline de l’Otan, destiné à l’approvisionnement en kérosène. Sur commande des compagnies aériennes, les fournisseurs en carburant peuvent acheminer du kérosène à l’aéroport via ce réseau. À l’heure actuelle, l’approvisionnement se déroule normalement, nous ne constatons donc pour l’instant aucun impact dû à la situation géopolitique », rapporte DHNet.
Du côté des opérateurs de voyages, la situation est également jugée stable à court terme. Le groupe TUI indique qu’aucune pénurie n’est constatée dans l’immédiat. Les vacances de printemps ne présentent pas de perturbations signalées à ce stade. L’évolution dépendra de la situation internationale et des capacités d’approvisionnement dans les prochaines semaines.

Des conséquences possibles du manque de kérosène sur les vols et les droits des passagers
Si une pénurie venait à se confirmer, des perturbations pourraient apparaître dans le trafic aérien. Julie Frère, porte-parole de Testachats, organisation belge de défense des consommateurs, indique : « En cas de pénurie, pas mal de vols risquent effectivement d’être annulés. À voir si cette pénurie se confirme bien sûr et à voir aussi les stocks dont disposent encore les aéroports et les compagnies aériennes ».
Elle précise également les règles applicables dans ce type de situation. Julie Frère explique : « Mais s’il y a pénurie, je pars du principe qu’il s’agit d’une ‘circonstance extraordinaire qui n’aurait pas pu être évitée même si toutes les mesures raisonnables avaient été prises’, comme décrite dans le règlement UE. Ce qui signifie que le passager dont le vol est annulé aura droit au remboursement du vol ou à un autre vol pour la destination. Le cas échéant, il aura aussi droit à l’assistance à l’aéroport ».
Concernant les indemnisations, elle ajoute : « Il n’aura donc pas droit à une indemnisation supplémentaire (allant de 250€ à 600€ selon la distance du vol), même si le vol est annulé moins de 14 jours avant le départ. En bref, les règles prévues dans le règlement UE devront être appliquées ».








