Le nouveau contrat de service public pour les TEC wallons (transport en commun) a été approuvé par le gouvernement régional, fixant ainsi de nouveaux objectifs ambitieux. La volonté est claire : augmenter de 40 % les recettes des TEC d’ici 2029 tout en modernisant l’offre et en responsabilisant l’Opérateur de transport de Wallonie (OTW). Mais comment ce plan ambitieux va-t-il transformer les services pour les usagers et le personnel ?
Le contrat remanié introduit un changement majeur en autorisant les TEC à exercer une liberté tarifaire. Cette évolution vise à augmenter la part des recettes propres des TEC, qui doivent passer de 10 % actuellement à 14 % d’ici 2030. Cela pourrait signifier des hausse des tarifs dans certains cas, mais aussi la possibilité pour l’OTW d’ajuster son offre en fonction des besoins réels des usagers. L’objectif est de rendre les TEC plus attractifs par rapport à l’utilisation de la voiture, en augmentant notamment le nombre de passagers.
Par ailleurs, la flexibilité de l’offre sera un élément clé du nouveau contrat. L’OTW pourra ajuster les horaires et optimiser les lignes grâce à un système de comptage des montées et descentes des passagers, et une meilleure coordination avec la SNCB pour les correspondances dans les gares. Cette réactivité vise à améliorer la qualité du service, en particulier pour les usagers occasionnels qui pourraient bénéficier de services plus pratiques et modernes, comme la possibilité de payer avec une carte bancaire.
Des objectifs financiers ambitieux
L’un des points les plus sensibles du contrat est l’obligation de l’OTW de générer plus de recettes, un défi majeur. Le gouvernement wallon a fixé un objectif ambitieux pour l’OTW : augmenter la couverture des recettes de 10 % à 14 % d’ici 2030, à l’instar du transport flamand avec De Lijn. Cet objectif pourrait entraîner une augmentation des tarifs, qui pourrait atteindre jusqu’à 40 % dans le pire des cas, mais le gouvernement privilégie une hausse de fréquentation pour réduire cette pression tarifaire.
Les tarifs préférentiels seront maintenus pour certains groupes comme les familles nombreuses, étudiants et personnes âgées, tandis que les enfants de moins de 12 ans, les anciens combattants, les malvoyants et leurs accompagnants bénéficieront toujours de la gratuité. En revanche, les parlementaires, journalistes ou administrateurs des TEC ne pourront plus bénéficier d’exemptions de paiement.
Un service garanti et plus de sécurité pour les TEC
Une des mesures importantes de ce contrat est la mise en place d’un service garanti pour les TEC, similaire à celui déjà en place à la SNCB. En cas de grève, les grévistes devront se déclarer à l’avance, et un service minimum sera garanti par la direction avec les agents non grévistes. Le gouvernement espère ainsi réduire l’impact des grèves sur les usagers, tout en laissant un peu de marge de négociation avec les syndicats, qui pourront s’opposer à cette mesure.
Le gouvernement exige également que l’OTW améliore l’adaptation de l’offre de transport aux besoins locaux et qu’il soit plus à l’écoute des partenaires locaux et associatifs. L’extension de la coordination avec la SNCB et l’amélioration de la desserte des zones touristiques et économiques sont des priorités pour le gouvernement wallon.
Il est également prévu de moderniser les infrastructures à travers des projets comme le métro de Charleroi et des busways à Liège, dans l’objectif de rendre les transports en commun plus modernes, durables et sécurisés. Le contrat met également l’accent sur la durabilité des transports publics en Wallonie, avec la poursuite de l’électrification de la flotte de bus, une mesure essentielle pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et contribuer aux objectifs climatiques de la région.








